Journal
d'Information de Sète et du Bassin de Thau . N° 55
L'épiphanie
se fête dans tous les pays et communautés catholiques.
Epiphanie
: (du grec " apparition " ou manifestation). Fête d'origine orientale
(vers 325), fixée au 6-1 (en France le dimanche après le 1-1).
Elle
a près de 1967 ans. Elle fête l'arrivée des Rois mages apportant
des présents à l'Enfant Jésus qui vient de naître. Il y avait
Gaspar, Balthazar et Melchior, trois continents, trois présents:
l'or, l'encens et la myrrhe. Dans de nombreux villages, on allume
encore les "feux des rois" rappelant ceux qui, dit la légende,
brûlèrent cette nuit-là à Bethléem pour cacher l'Étoile au roi
Hérode. Cette fête est fêté le 6 janvier.
Qui
étaient ces personnages mystérieux et comment surent-ils non seulement
que Jésus était né mais où il se trouvait? L'Évangile nous dit
qu'ils furent guidés par une grande étoile magique jusqu'à la
crèche.
On
a souvent tenté de dire ce qu'était cette étoile. Par exemple, on a
suggéré qu'elle aurait pu être la comète de Halley, qui justement est
passée à proximité de la terre vers l'an 11 avant J.-C. Cette date correspond
à peu près avec celle où on a estimé que Jésus est né: 6 ou 7 ans avant
notre ère.
l'Évangile
selon s. Matthieu, Jésus étant né à Bethléem de Judée au temps
du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient se présentèrent à
Jérusalem et demandèrent : "Où est le roi des Juifs qui vient de naître
? Nous avons vu en effet son astre se lever et sommes venus lui rendre
hommage." Informé, le roi Hérode s'émut, et tout Jérusalem avec lui...
Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux la
date de l'apparition de l'astre et les dirigea sur Bethléem en disant
: "Allez vous renseigner exactement sur l'enfant ; et quand vous l'aurez
trouvé, avisez-moi, afin que j'aille, moi aussi, lui rendre hommage."
Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route ; et voici que l'astre,
qu'ils avaient vu à son lever, les devançait jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter
au-dessus de l'endroit où était l'enfant. La vue de l'astre les remplit
d'une très grande joie. Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant
avec Marie sa mère, et tombant à genoux, se prosternèrent devant lui
; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présent de l'or,
de l'encens et de la myrrhe. Après quoi, un songe les ayant avertis
de ne pas retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer
dans leur pays."
Les Mages d'Orient (ni le nombre, ni le statut social n'est précisé)
arrivent à Jérusalem au moment de la naissance de Jésus. On n'entend
du reste plus jamais parler d'eux, ni dans l'Évangile de Matthieu ni
dans aucun autre texte du Nouveau Testament.
les rois mages Une tradition remontant au VIIe siècle les nomme
Balthazar [déformation de Belshatsar, Daniel], Melchior et Gaspard.
Au Xve siècle, ont leur attribue chacun une race différente : Melchior
: blanc, Balthazar : noir, Gaspard : Jaune (culte devenu populaire en
1164, année où leurs reliques ont été déposées à Cologne, et où Jean
de Hildesheim, prêtre Rhénan, écrivit leur légende. Melchior,
vieux roi d'Arabie et de Nubie, à la barbe et aux cheveux gris, offrit
de l'or à l'enfant, en symbole de royauté. Le jeune Gaspard, roi de
Saba, lui donna de l'encens, en hommage à sa divinité. Et Balthazar,
roi noir à la barbe encore plus noire, qui régnait sur Tarse et l'Égypte,
apporta de la myrrhe, parfum funèbre, annonçant ainsi la mort terrestre
du Christ.
On comprend aisément que la curiosité populaire ait tenté d'imaginer
une foule de détails complémentaires. Parfois, ils représentent à eux
trois les trois races de la Terre, les descendants de Sem, de Cham et
de Japhet. Ou bien encore les trois âges, la jeunesse, l'âge mûr et
la vieillesse. Ils sont trois parce qu'ils portent trois présents, dont
le symbolisme a très vite été interprété par les Pères de l'Église (Ignace
d'Antioche,) : l'or de la royauté, l'encens pour la divinité, la myrrhe
(qui sert à embaumer les corps) pour l'humanité.
Les
rois Mages ailleurs dans le monde :
Espagne : On profite de ce "Jour des 3 Rois" pour échanger les cadeaux
de Noël puisque, originellement, ce sont les rois mages qui apportèrent
12 nuits après la naissance de l'enfant Jésus, des présents. La veille,
des carrosses paradent dans les rues. On lance fruits confits et bonbons,
prémices du lendemain. Pour cette occasion, on confectionneun pain en
forme de couronne parfumé de zestes de citron et orange, brandy, décoré
de fruits confits et d'amandes effilées.. On y glisse une pièce d'argent,
une figurine de porcelaine ou un haricot sec.
Mexique : L'Épiphanie se prépare 10 jours avant Noël avec les posadas.
Comme les Rois Mages guidés par l'étoile du berger, chaque famille,
en procession, apporte des friandises sur la place de chaque village.
Elles serviront à remplir les pinatas, d'énormes animaux en poterie
ou papier mâché très colorés qu'on suspend le jour de l'Épiphanie. Les
enfants doivent essayer de briser la pinata afin qu'elle s'ouvre comme
une corne d'abondance, déversant tout leur contenu de friandises et
de menues monnaies.
Autriche : Ne manquez pas les manifestations qui précèdent ou qui marquent
le 6 janvier, jour de l'Epiphanie. Surprenant - les défilés pour conjurer
les mauvais esprits, tels les défilés des Glöckler et des Perchten-
Au rythme martelé de leur pas, les clochettes tintinnabulent et réveillent
les semences sous la terre couverte de neige. Et enfin les Rois Mages...
qui annoncent en fanfare que l'on revient à la "vie normale". Jusqu'à
l'année prochaine, bien entendu...
Galettes
des rois. Depuis le Moyen-Age, on fête l'Epiphanie en leur honneur
le 6 janvier, en mangeant une galette contenant une fève. Cette coutume
française se pratique depuis le XIVè siècle. Autrefois, on partageait
la galette en autant de parts que de convives plus une, au cas où un
étranger ou un pauvre se présenterait : cette portion supplémentaire
était appelée "part du Bon Dieu" ou "part de la Vierge"...
La fève dans la galette des rois remonte au temps des Romains. C'est
une fève blanche ou noire qui était déposée pour les scrutins. Au début
de janvier, les saturnales de Rome élisaient le roi du festin au moyen
d'une fève. Si la tradition est d'origine religieuse, elle est devenue
une tradition familiale où on se rassemble pour découper la fameuse
galette. Celui qui trouvera la fève sera couronné roi ... et choisira
sa reine. En Angleterre, comme en Bourgogne, anciennement, on préférait
former un couple "d'occasion" en mettant dans la galette une fève et
un petit pois.