Journal
d'Information de Sète et du Bassin de Thau . N°
54
Mais
que fait la Police ? Elle
travaille beaucoup, avec passion mais avec les moyens du bord !
Cet
article n’a pas pour vocation de dévoiler le modus operandi des policiers
mais de les voir opérer avec savoir-faire, au fil des jours, des nuits,
des mois, des années. Il a aussi pour vocation de leur rendre hommage.
Le faire quand ils sont gravement blessés ou décédé en service, c’est
un peu tard. Là, les hautes instances y vont de leur couplet : « C’est
inacceptable. De tels actes ne doivent plus se reproduire ». Vœu
pieux qui est bien mais ce qui serait pas mal, c’est de donner les moyens
nécessaires aux forces de pour rester en vie : dotation en matériel
nécessaire, refus de la banalisation des insultes ou des coups dispensés
par les loubards. Le risque zéro n’existe pas. Tout le monde en est
conscient mais il y a une limite à tout.
Comment fonctionne un commissariat ? Une question dont les réponses
ne sont faites que de nombreux à priori. Pour beaucoup, hélas : « Ah,
les condés ? Ce sont des cons qui ne sont jamais là où il faut et quand
il faut. Ils ne foutent rien. Ils sont payés pour arrêter les bandits
et non emmerder les braves gens qui garent leur voiture de façon anarchique.
Ils se font trouer la peau ? Ben on les paye pour ça, non !…» La
liste est loin d’être exhaustive. Pour savoir vraiment de quoi il retourne,
rien ne vaut un bon « stage » au cœur d’un commissariat. Le journal
a choisi celui de Sète-Frontignan/La Peyrade, circonscription d’environ
60 0000 habitants l’hiver et une population qui double, voire qui triple
l’été. Elle y a rencontré des femmes et des hommes humains, si
si, humains !… s’investissant dans diverses associations ou dans le
sport, mariés, papa, maman, nantis d’animaux ; des hommes et des femmes
mêlant humour et rire, bonne humeur et sévérité quand il faut, sachant
manier, paroles apaisantes et paroles réprimantes ; bref, des hommes
et des femmes qui disent oui à la prévention par la parole mais, laquelle,
seule, ne suffit pas - ou plus - face aux nombreuses incivilités. La
punition est, quelquefois, la seule solution.
De
mauvaises langues murmureront qu’ils ont « joué » aux gentils devant
la Presse. Faux ! La Police ne peut agir ainsi durant un mois. Ces femmes
et ces hommes se sont montrés sous leur vrai jour, du haut en bas de
la hiérarchie. Ca n’a pas dû être évident d’avoir une journaliste accrochée
à leurs basques mais elle a été formidablement bien accueillie et les
portes lui ont été grandes ouvertes.
La réalité est toute autre que celle des feuilletons comme Navarro, Julie
Lescaut et autre Cordier juge et flic –versions édulcorées - ou encore
Malone (jeudi 7 novembre à 20h55 sur TF1) qui, lui, battait tous les records
d’ineptie. Dans ces séries, les flics ont une irrésistible envie de cogner,
quand il ne cognent pas tout court comme chez Malone, avec annuaire ou
sans. La journaliste est désolée pour ceux qui veulent à tout prix bouffer
du flic – ceux là mêmes qui sont bien contents de les trouver en cas de
problème - mais elle n’a vu aucun prévenu revenir d’audition avec une
tête pleine de bleus ou un corps en kit. Dès les premières minutes de
la garde à vue, les policiers appellent un docteur et un avocat. Au prévenu
d’accepter ou de refuser. Le menu est composé d’un sandwich (jambon ou
fromage selon la religion) deux fois par jour, payé par l’Administration
si l’interpellé est sans argent.
Par
contre, les infracteurs ne sont pas toujours fair play. Ainsi, cet « escroc »
à la petite semaine qui a balancé son sandwich à la tête de la policière.
« Le pain est trop dur ». Soit. Ou il n’avait pas faim ou il avait
les moyens de jouer au « riche ». Parlons aussi de ce jeune avocat qui
a voulu rencontrer seul un « client » agressif. Peu de temps après, il
appelait au secours, le prévenu lui ayant foutu un coup de poing en pleine
figure. Ses lunettes étaient de guingois avec un verre… étoilé. Une brigade
de roulement en rit encore. Souhaitons à ce Maître une « riche » carrière.
Certes, la « maison » police, comme toutes les professions, a ses j’m’enfoutismes
et ses têtes plus ou moins enflées, d’autant plus quand elles sont vides…
les têtes s’entend.. Ainsi, ont existé (ou existent peut-être encore)
des flics qui se la jouaient Rambo ou Superman. Pour eux, le métier
consistait à employer la manière musclée pour faire cracher aux prévenus,
à défaut de leurs dents, au moins des aveux ou le nom d’éventuels complices.
Un
commissariat vit jour et nuit, avec, de temps à autre, des accalmies,
mais où tout le monde est prêt à intervenir sur tous les fronts. Lesquels
vont de l’anecdote au drame. Les postes clefs sont le fameux « 17 »
qui régule les appels et les transmet aux policiers sur le terrain via
la radio et l’accueil. Il faut une forte dose de patience et
de diplomatie pour répondre aux attentes du public. D’innombrables tranches
de vie, plus ou moins douloureuses, passent dans un commissariat et
la personne en difficulté s’imagine être la seule. Alors quelquefois,
les insultes fusent, telle cette dame qui, venant d’être cambriolée,
voulait que sa plainte soit enregistrée immédiatement. Oui mais voilà,
il y avait du monde avant elle. « Connard » a-t-elle alors lancé
à l’agent. Une façon comme une autre d’évacuer son stress mais pas forcément
la bonne.
L’enseignement à tirer est que policier n’intimide absolument plus.
Globalement, l’uniforme fait rigoler, des plus jeunes aux plus vieux
et des deux sexes.
Parlons un peu de la circulation qui fait également partie des missions
policières. C’est carrément foklorique : « Malheur » aux policiers qui
prient les automobilistes garés en double file de partir ou d’arrêter
les sans-casque chevauchant leur « 2 roues ». Les réactions sont : « J’en
ai pour 5 mn. Foutez moi la paix, vous ne voyez pas que je décharge,
etc » sans parler des rébellions et outrages. Après contrôle, les
sans-casque attendent que les forces de l’ordre partent pour le re-enlever
après l’avoir enfilé obstensiblement devant les agents. Que dire de
ce papy, garé en double-file, qui, voyant les policiers lui glisser
un PV sous un essuie-glace, s’est mis à taper sur les vitres arrière,
latérales, pare-brise de la voiture « police » avant de déquerpir. Quant
à sa contravention, elle s’est envolée au… démarrage. Ce pépé qui s’octroie
tous les droits - il a connu la guerre lui – va recevoir une grosse
« prune » de la Trésorerie sans savoir de quel arbre elle est tombée.
Et, bien sûr, il va crier au scandale.
Par contre, la vue des policiers et la contravention ont fait pleurer
une brave dame d’une soixantaine d’années, juchée, non casquée, sur
un antique solex. C’était la 1e fois qu’elle se faisait arrêter. N’oublions
pas non plus ceux qui téléphonent au volant ; ceux qui ont oublié chez
eux leur permis de conduire, leur attestation d’assurance et autres
« papiers » afférents à l’identification du véhicule, voire ceux qui
en sont totalement dépourvus. Des jeunes assureront certains ! Que nenni.
Tous les âges et toutes les couches sociales sont représentées. Etre
en
règle relève du simple bon sens mais, malheureusement, certains en sont
totalement dépourvus.