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2003




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Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau . N° 54

Port de Sète dangereux ?

Chaque mois le port de Sète accueille entre 5 et 10 cargos remplis à raz bord d'ammonitrate.

Scoop qui n'en pas vraiment un vu que cela dure depuis plusieurs années mais l'explosion de l'usine toulousaine AZF de Grande Paroisse (groupe Atofina) intervenue le 21 septembre dernier, a mis sous les projecteurs de l'actualité le nitrate d'ammonium (ou ammonitrate ).

Le Saxum, le Dou Em, le Charlotte C, le Batim E, le Daniel K venant d'Italie, de Bulgarie et d'Egypte desservent 3 fois par mois le port de Sète en Ammonitrate ( nitrate d'ammonium) cela afin d'approvisionner nos usines Françaises ( Sud Fertilisant aussi ? ) en matière première rentrant dans la fabrication d'engrais.

Le nitrate d'ammonium est également un engrais azoté appelé "ammonitrate" très largement utilisé en France. sous une forme a haute teneur en azote interdit dans certains pays européens. Obtenu par neutralisation de l'acide nitrique par l'ammoniac, le nitrate d'ammonium (NH4+, NO3-) est un sel cristallisé blanc très soluble dans l'eau, il est également très hygroscopique. Le nitrate d'ammonium peut être utilisé comme explosif, au même titre que la nitroglycérine ou le trinitrotoluène (TNT), des molécules organiques contenant des fonctions fortement oxydantes (nitrate d'alcool et nitro) et un squelette hydrocarboné réducteur.

Les ammonitrates sont très utilisés car ils donnent un "coup de fouet" aux plantes suivi d'une action fertilisante plus prolongée. Pendant la campagne de fertilisation 1999-2000, l'agriculture française a utilisé 3,5 millions de tonnes d'ammonitrates sous forme solide représentant 43 % de la fertilisation azotée totale et 52 % de la fertilisation azotée simple. Nettement devant les "solutions azotées" (nitrate d'ammonium et urée en solution dans l'eau) et l'urée solide avec respectivement 31 % et 12 % de la fertilisation azotée simple. A noter que ces deux derniers produits ne présentent aucun risque d'explosion.

Outre Toulouse avec un bilan qui s'établit actuellement à 29 morts et plus de 2 500 blessés, sans compter des dégâts estimés à cinq ou six milliards de francs l'ammonitrate a été la cause d'importants accidents. En 1921, dans l'usine BASF d'Oppau en Allemagne, un stock de plusieurs milliers de tonnes d'engrais à base d'ammonitrates a explosé causant la mort de plus de 500 personnes (en mélange avec du sulfate d'ammonium). Après cet accident Carl Bosch, qui devait recevoir le Prix Nobel de Chimie en 1931 écrivait " Une substance que nous fabriquons et expédions depuis des années s'est soudainement transformée en un ennemi impitoyable pour des raisons que nous ignorons encore ". En 1947, un cargo français chargé de 2 300 tonnes d'ammonitrate a pris feu et explosé dans le port de Texas City faisant 576 morts et 4 000 blessés. La même année, l'explosion d'un cargo d'ammonitrate dans le port de Brest faisait 22 morts.

Notre port et la population Sétoise assez proche est-elle à l'abri ? Cette question peut être posée car ammonitrate + cuves d'essence + habitation aux alentours, le cocktail à des allures inquiétantes.

Mais les inquiétudes qu'il suscite en termes de sécurité publique sont non moins grandes. C'est de l'ammonitrate agricole (additionné de substances sensibilisantes comme le fioul) qui a été utilisé par les terroristes pour le premier attentat contre le World Trade Center et dans le meurtrier attentat d'Oklahoma City en 1995 qui a fait 168 morts et 500 blessés.

Le Tamgout bannis des eaux européennes, mais pas du port de Sète.

La commission Européenne a dressée une liste de 66 navires dont l'état est en dessous des normes décrites dans l'article 7b de la directive 2001/106/EC. Ces navires - "poubelles" appartenant à 13 ports d'attaches différents ont été classé à haut risque en raison de l'état de délabrement de leur structure.

La commission Européenne a donc décrétée une interdiction pour ces navires d'accéder a un port Européen. Cet avis a été dernierement et en raison du naufrage du Prestige confirmé par notre président de la République, Mr Chirac".

Parmi ces 66 bateaux bannis des eaux Européennes et donc de nos mers figure le Tamgout:

  • TAMGOUT IMO=9120425
  • Chemical Tanker
  • 3 detentions/3 ans
  • Algeria
  • very high risk ( classé très haut risque )

Le Tamgout etait a Sete le 15 novembre 2002, le 30 novembre 2002, le 14 décembre 2002 et devrait être présent pour les fêtes de fin d'année sur le rivage de notre merveilleuse petite ville..

 

L'expérience du Prestige doit pousser les gouvernements à bannir ces navires poubelles de nos mers. Nous ne pouvons en aucun cas nous permettre d'attendre 13 années de plus. En effet, selon les règlements internationaux, les pétroliers à simple coque sont encore autorisés à naviguer sur tous les océans du globe jusqu'en 2015, date à laquelle une interdiction totale entrera en vigueur.

Pétroliers … quelques chiffres... La flotte mondiale compte 3760 navires de plus de 5000 tonnes, dédiés au transport de produits pétroliers (pétrole brut ou hydrocarbures issues de la distillation). 1625 navires, soit 43 % de cette flotte, sont d'ors et déjà équipés d'une double coque. Ces navires à double coque représentent une capacité de chargement de 150 million de tonnes. Tous les pétroliers de plus de 5000 tonnes qui seront construits à partir de janvier 2003 devront être conçus sur le modèle "double coque". Attention cependant la double coque ne constitue en rien une garantie systématique contre les accidents. Un double coque mal entretenu est aussi dangereux qu'un navire simple coque mal entretenu ! En fonction de différents critères - notamment leur date de construction - les navires à simple coque devront être progressivement éliminés à partir de 2005. En 2015 plus aucun pétrolier à simple coque ne pourra prendre la mer. Au début de l'année 2002, environ 13% des pétroliers étaient âgés de 25 ans ou plus. La plupart de ces navires anciens sont des simples coques.Intertanko, l'association professionnel des gestionnaires de pétroliers, considère que ce taux devrait être très prochainement de 9 % du fait de la construction récente de nouveaux pétroliers et de l'élimination (ou du naufrage ! !) des plus anciens.

Louis Ernesto / Données Greeenpeace

 

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20 / 01 / 2003