Journal
d'Information de Sète et du Bassin de Thau . N°
54
Port de
Sète dangereux ?
Chaque
mois le port de Sète accueille entre 5 et 10 cargos remplis à
raz bord d'ammonitrate.
Scoop
qui n'en pas vraiment
un vu que cela dure depuis plusieurs années mais l'explosion
de l'usine toulousaine AZF de Grande Paroisse (groupe Atofina) intervenue
le 21 septembre dernier, a mis sous les projecteurs de l'actualité le
nitrate d'ammonium (ou ammonitrate ).
Le
Saxum, le Dou Em, le Charlotte C, le Batim E, le Daniel K venant
d'Italie, de Bulgarie et d'Egypte desservent 3 fois par mois le
port de Sète en Ammonitrate ( nitrate d'ammonium) cela afin
d'approvisionner nos usines Françaises ( Sud Fertilisant
aussi ? ) en matière première rentrant dans la fabrication
d'engrais.
Le
nitrate d'ammonium est également un engrais azoté appelé "ammonitrate"
très largement utilisé en France. sous une forme a haute teneur en azote
interdit dans certains pays européens. Obtenu par neutralisation de
l'acide nitrique par l'ammoniac, le nitrate d'ammonium (NH4+, NO3-)
est un sel cristallisé blanc très soluble dans l'eau, il est également
très hygroscopique. Le nitrate d'ammonium peut être utilisé comme explosif,
au même titre que la nitroglycérine ou le trinitrotoluène (TNT), des
molécules organiques contenant des fonctions fortement oxydantes (nitrate
d'alcool et nitro) et un squelette hydrocarboné réducteur.
Les
ammonitrates sont très utilisés car ils donnent un "coup de fouet" aux
plantes suivi d'une action fertilisante plus prolongée. Pendant la campagne
de fertilisation 1999-2000, l'agriculture française a utilisé 3,5 millions
de tonnes d'ammonitrates sous forme solide représentant 43 % de la fertilisation
azotée totale et 52 % de la fertilisation azotée simple. Nettement devant
les "solutions azotées" (nitrate d'ammonium et urée en solution dans
l'eau) et l'urée solide avec respectivement 31 % et 12 % de la fertilisation
azotée simple. A noter que ces deux derniers produits ne présentent
aucun risque d'explosion.
Outre
Toulouse avec un bilan qui s'établit actuellement à 29 morts et plus
de 2 500 blessés, sans compter des dégâts estimés à cinq ou six milliards
de francs l'ammonitrate a été la cause d'importants accidents.
En 1921, dans l'usine BASF d'Oppau en Allemagne, un stock de plusieurs
milliers de tonnes d'engrais à base d'ammonitrates a explosé causant
la mort de plus de 500 personnes (en mélange avec du sulfate d'ammonium).
Après cet accident Carl Bosch, qui devait recevoir le Prix Nobel de
Chimie en 1931 écrivait " Une substance que nous fabriquons et expédions
depuis des années s'est soudainement transformée en un ennemi impitoyable
pour des raisons que nous ignorons encore ".
En 1947, un cargo français chargé de 2 300 tonnes d'ammonitrate a pris
feu et explosé dans le port de Texas City faisant 576 morts et 4 000
blessés. La même année, l'explosion d'un cargo d'ammonitrate dans le
port de Brest faisait 22 morts.
Notre
port et la population Sétoise assez proche est-elle à
l'abri ? Cette question peut être posée car ammonitrate
+ cuves d'essence + habitation aux alentours, le cocktail à des
allures inquiétantes.
Mais
les inquiétudes qu'il suscite en termes de sécurité publique sont non
moins grandes. C'est de l'ammonitrate agricole (additionné de substances
sensibilisantes comme le fioul) qui a été utilisé par les terroristes
pour le premier attentat contre le World Trade Center et dans le meurtrier
attentat d'Oklahoma City en 1995 qui a fait 168 morts et 500 blessés.
Le
Tamgout bannis des eaux européennes, mais pas du port de Sète.
La
commission Européenne a dressée une liste de 66 navires
dont l'état est en dessous des normes décrites dans l'article
7b de la directive 2001/106/EC. Ces navires - "poubelles"
appartenant à 13 ports d'attaches différents ont été
classé à haut risque en raison de l'état de délabrement
de leur structure.
La
commission Européenne a donc décrétée une
interdiction pour ces navires d'accéder a un port Européen.
Cet
avis a été dernierement et en raison du naufrage du Prestige
confirmé par notre président de la République,
Mr Chirac".
Parmi
ces 66 bateaux bannis des eaux Européennes et donc de nos mers
figure le Tamgout:
TAMGOUT
IMO=9120425
Chemical
Tanker
3
detentions/3 ans
Algeria
very high risk ( classé très haut risque )
Le
Tamgout etait a Sete le 15 novembre 2002, le 30 novembre 2002, le 14
décembre 2002 et devrait être présent pour les fêtes
de fin d'année sur le rivage de notre merveilleuse petite ville..
L'expérience
du Prestige doit pousser les gouvernements à bannir ces navires
poubelles de nos mers. Nous ne pouvons en aucun cas nous permettre d'attendre
13 années de plus. En effet, selon les règlements internationaux, les
pétroliers à simple coque sont encore autorisés à naviguer sur tous
les océans du globe jusqu'en 2015, date à laquelle une interdiction
totale entrera en vigueur.
Pétroliers
… quelques chiffres... La flotte mondiale compte 3760 navires de
plus de 5000 tonnes, dédiés au transport de produits pétroliers (pétrole
brut ou hydrocarbures issues de la distillation). 1625 navires, soit
43 % de cette flotte, sont d'ors et déjà équipés d'une double coque.
Ces navires à double coque représentent une capacité de chargement de
150 million de tonnes. Tous les pétroliers de plus de 5000 tonnes qui
seront construits à partir de janvier 2003 devront être conçus sur le
modèle "double coque". Attention cependant la double coque ne constitue
en rien une garantie systématique contre les accidents. Un double coque
mal entretenu est aussi dangereux qu'un navire simple coque mal entretenu
! En fonction de différents critères - notamment leur date de construction
- les navires à simple coque devront être progressivement éliminés à
partir de 2005. En 2015 plus aucun pétrolier à simple coque ne pourra
prendre la mer. Au début de l'année 2002, environ 13% des pétroliers
étaient âgés de 25 ans ou plus. La plupart de ces navires anciens sont
des simples coques.Intertanko, l'association professionnel des gestionnaires
de pétroliers, considère que ce taux devrait être très prochainement
de 9 % du fait de la construction récente de nouveaux pétroliers et
de l'élimination (ou du naufrage ! !) des plus anciens.