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    Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N° 52|
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16 / 12 / 2002

CHOIX DE SOCIETE EPINEUX  : Les OGM et le NUCLEAIRE

Le dernier pays en date à sortir du nucléaire a été la Belgique, cette année. La Belgique est le troisième pays du monde pour la part d’énergie produite par le nucléaire ( 58%). Pourtant elle a décidée de sortir du nucléaire, tout en s’engageant à respecter ses engagements pris lors des accords de Kyoto.
Aucune centrale n’y sera plus construite, les réacteurs en service seront définitivement arrêtés entre 2015 et 2025. En contrepartie elle compte diminuer sa consommation et ses émissions de CO2, augmenter sa production d’énergie renouvelable.
En Europe seules la France, l’Angleterre restent fidèles au nucléaire. La Finlande est dans l’expectative ( mais pour le moment , elle aussi persiste.) Les autres pays ont choisit d’investir dans la recherche en énergie renouvelable. La recherche Française, dans ce domaine, est en train de prendre un énorme retard. Cet argument du retard de la recherche - et donc du risque de dépendance économique - n’a selon les contextes, les intérêts et les groupes de pression en jeu, pas la même prétention au sérieux et à la vérité. 
En ce qui concerne la commercialisation des OGM l’argument du retard scientifique - et donc du brevet est en première ligne.
Depuis des années on parlait d’obligation d’étiquetage et de filière sans OGM. Rien n’ayant été fait à temps le seuil de tolérance de contamination est passé de 0,1 % à 0,9 % . Le plus gros problème est la contamination des semences considérée comme acceptable entre 0,3 % et 0, 7 % selon les plantes  ( soja, colza, maïs ), 0,7 % represente 1 graine OGM sur 150, soit, pour les 15 pays de l’Union Européenne : 7 milliards de plants OGM disséminés au hasard dans 8 millions d’hectares de champs. Le passage des OGM s’est donc fait «  en douce » plus aucune filière sans OGM n’est possible et la dissémination accidentelle suivra une courbe exponentielle. «  Des scientifiques » ont donné leur accord mais sont-ils une masse homogène ? ( pourtant de nombreux chercheurs contestent ces certitudes). On peut aussi se demander si les scientifiques ont pour rôle de dire la vérité ( absolu nécessité des OGM) et de diriger les choix de société.

  Quels sont les autres arguments pour passer outre au moratoire de 1999 :
- réduction des insecticides et des pesticides. Il s’avère que cette réduction est toute théorique, en particulier des plantes résistantes à un pesticide permet d’asperger les champs sans limite. - des plantes Adventices ( mauvaises herbes) sont devenues résistantes elles aussi aux pesticides obligeant l’emploi d’un autre pesticide. 
- même les producteurs Américains n’observe aucune amélioration de rendement ( diminution de 6 % à 13 % de rendement. Le seul intérêt semble une légère augmentation de la productivité, il y a un petit gain de temps puisque l’épandage peut se faire sans précaution. La productivité Américaine étant déjà très forte- un seul agriculteur peut déjà exploiter plusieurs centaines d’hectares - ce gain minime de temps dans ces conditions de production ( mécanisation extrême, propriété immense) est-il très pertinent pour le tiers-monde . ? ... et même pour les pays développés .
- Le respect du travail des scientifiques. Il doit être total tant qu’ils restent dans leurs laboratoires. A partir du moment où leurs travaux envahissent le terrain de la production, c’est à dire l’intérêt public, ils doivent démocratiquement se soumettre au choix des citoyens.
- On sait que les carences alimentaires du tiers monde ont d’autres solutions que les OGM encore faudrait-il une volonté politique d’appliquer ces autres solutions en ayant pas peur de s’affronter à l’OMC et aux multinationales Américaines.
- Les Etats Unis ne veulent pas étiqueter leur production et ils trouvent que les exigences imposées par les Européens à leur importation sont excessives.
- La contamination des aliments peut être controlée. Pourtant depuis 2000, où l'affaire du maïs Starling ( destiné uniquement aux animaux, car il s'est révélé allergisant pour les humains) ne cesse de s'étendre. On a retrouvé ce maïs dans les tacos à Mexico puis dans des biscuits au Japon, puis en Corée...
Dans nos supermarchés des produits contenants 1,8% d'OGM ne sont pas étiquetés ( voir la liste de " Que Choisir - printemps 2002 ". 
- Les perspectives thérapeutiques sont toujours hypothétiques. 

Au total le rapport scientifique remis au gouvernement par les académies des sciences, de la médecine et pharmacie ne répond pas plus au questions posées ces dernières années aux problèmes sanitaires, environnementaux ni prospectifs. Sortir du tout OGM risque d’être encore plus difficile que de sortir du tout nucléaire car c’est tout l’environnement qui va être transformé dans notre ignorance totale des conséquences et pour un intérêt démontré ( jusque là) minime. 

 

 

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