Cher Ministre
de l’Agriculture,
Je vous
écris à propos du problème que constitue la contamination des semences
par des variétés transgéniques. Certains de vos représentants vont
participer à un vote au sein du Comité permanent des semences de la
Commission européenne sur une proposition qui pourrait légaliser la
contamination génétique des semences au dessus du niveau de détection.
C’est une proposition proprement inacceptable.
En fixant
des seuils de contamination situés entre 0,3% et 0,7%, la proposition
actuelle légaliserait la dissémination annuelle d’environ 7 milliards
de plants transgéniques de maïs et de colza dans toute l’Europe. Ces
OGM seraient dispersés au hasard sur 8 millions d’hectares de champs
ordinaires où seraient cultivées ces plantes sans le consentement
informé des agriculteurs. Des cultures d’OGM aussi étendues iraient
à l’encontre de la préférence de la majorité des citoyens européens
pour une production sans OGM, pourraient provoquer des problèmes environnementaux
et seraient quasiment impossible à contrôler ou contrecarrer.
Une contamination
aussi étendue risquerait d’accroître les coûts et les risques tout
au long de la chaîne de production alimentaire. Les fabricants alimentaires
et les supermarchés qui fournissent aux citoyens des aliments sans
OGM pourraient exiger des agriculteurs et apiculteurs européens de
faire de coûteuses analyses génétiques de leurs produits. En particulier
je suis préoccupé(e) par le fait que ces propositions saboteraient
l’agriculture biologique et l’alimentation biologique. Les producteurs
biologiques, qui doivent exclure les OGM pour rester certifiés et
garder la confiance des consommateurs, pourraient perdre leurs revenus
à cause de seuils légaux de contamination génétique des semences alors
que nous, consommateurs, perdrions le choix.
Il n’est
pas nécessaire d’accorder aux entreprises semencières un tel “permis
de contaminer”. Actuellement très peu de semences sont contaminées
au dessus du seuil de détection des variétés transgéniques (0,1%).
Cela a été confirmé par des analyses effectuées dans tous les pays
de l’UE. Même Pioneer, la plus grande entreprise semencière d’Europe,
a fait savoir aux agriculteurs qu’elle est en mesure de respecter
un seuil de 0,1% si nécessaire. L’Autriche et la Nouvelle-Zélande
ont récemment adopté des lois, qui créent un précédent en la matière,
qui exigent des entreprises semencières qu’elles maintiennent la contamination
génétique aussi proche de zéro que possible. L’Europe devrait suivre
ces exemples.
Enfin,
je suis extrêmement dérangé(e) par le fait que cette décision est
en train d’être prise par un comité technique de la Commission européenne
qui n’a jamais été élu, plutôt que par nos représentants élus en bonne
et due forme. La question de savoir si les aliments transgéniques
et les OGM devraient être disséminés dans l’environnement est très
controversée. De telles décisions devraient être prises ouvertement,
dans la transparence et le respect de la démocratie - pas en huis
clos.
Je vous
prie de demander à vos représentants de voter pour un seuil qui ne
dépasse pas le niveau de détection (0,1%) ou de permettre la prise
d’une décision démocratique sur cette question comme l'a spécifiquement
demandé le Parlement européen. J’aimerais que vous me fassiez savoir
comment vos représentants au Comité permanent des semences ont l’intention
de voter.
Cordialement.
Communiqué
Greenpeace