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    Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N° 47 |

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30 / 09 / 2002

Lettre ouverte à Hervé Gaymard Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales

Cher Ministre de l’Agriculture,

Je vous écris à propos du problème que constitue la contamination des semences par des variétés transgéniques. Certains de vos représentants vont participer à un vote au sein du Comité permanent des semences de la Commission européenne sur une proposition qui pourrait légaliser la contamination génétique des semences au dessus du niveau de détection. C’est une proposition proprement inacceptable.

En fixant des seuils de contamination situés entre 0,3% et 0,7%, la proposition actuelle légaliserait la dissémination annuelle d’environ 7 milliards de plants transgéniques de maïs et de colza dans toute l’Europe. Ces OGM seraient dispersés au hasard sur 8 millions d’hectares de champs ordinaires où seraient cultivées ces plantes sans le consentement informé des agriculteurs. Des cultures d’OGM aussi étendues iraient à l’encontre de la préférence de la majorité des citoyens européens pour une production sans OGM, pourraient provoquer des problèmes environnementaux et seraient quasiment impossible à contrôler ou contrecarrer.

Une contamination aussi étendue risquerait d’accroître les coûts et les risques tout au long de la chaîne de production alimentaire. Les fabricants alimentaires et les supermarchés qui fournissent aux citoyens des aliments sans OGM pourraient exiger des agriculteurs et apiculteurs européens de faire de coûteuses analyses génétiques de leurs produits. En particulier je suis préoccupé(e) par le fait que ces propositions saboteraient l’agriculture biologique et l’alimentation biologique. Les producteurs biologiques, qui doivent exclure les OGM pour rester certifiés et garder la confiance des consommateurs, pourraient perdre leurs revenus à cause de seuils légaux de contamination génétique des semences alors que nous, consommateurs, perdrions le choix.

Il n’est pas nécessaire d’accorder aux entreprises semencières un tel “permis de contaminer”. Actuellement très peu de semences sont contaminées au dessus du seuil de détection des variétés transgéniques (0,1%). Cela a été confirmé par des analyses effectuées dans tous les pays de l’UE. Même Pioneer, la plus grande entreprise semencière d’Europe, a fait savoir aux agriculteurs qu’elle est en mesure de respecter un seuil de 0,1% si nécessaire. L’Autriche et la Nouvelle-Zélande ont récemment adopté des lois, qui créent un précédent en la matière, qui exigent des entreprises semencières qu’elles maintiennent la contamination génétique aussi proche de zéro que possible. L’Europe devrait suivre ces exemples.

Enfin, je suis extrêmement dérangé(e) par le fait que cette décision est en train d’être prise par un comité technique de la Commission européenne qui n’a jamais été élu, plutôt que par nos représentants élus en bonne et due forme. La question de savoir si les aliments transgéniques et les OGM devraient être disséminés dans l’environnement est très controversée. De telles décisions devraient être prises ouvertement, dans la transparence et le respect de la démocratie - pas en huis clos.

Je vous prie de demander à vos représentants de voter pour un seuil qui ne dépasse pas le niveau de détection (0,1%) ou de permettre la prise d’une décision démocratique sur cette question comme l'a spécifiquement demandé le Parlement européen. J’aimerais que vous me fassiez savoir comment vos représentants au Comité permanent des semences ont l’intention de voter.

Cordialement.

Communiqué Greenpeace