En prenant connaissance dans la presse ces jours ci, des scandales financiers,
du naufrage de pays, pourtant bons élèves du FMI et adeptes
de l'OMC, où règne le chaos, des dégâts écologiques,
des guerres déjà engagées ou promises pour garder
une priorité sur les réserves d'énergie, on a un
sentiment ambigu.
D'une part on a l'impression que les idées des écologistes
et des adversaires de l'ultra libéralisme se laissent approprier
par des couches de plus en plus large de la population et font leur
percée dans les médias et même dans les discours
de nos gouvernants. Elles sont en passe de devenir des banalités,
si ce n'est des évidences.
Mais d'un autre coté les promesses d'action de la communauté
internationale ne sont suivi d'aucun effet.
Les
gouvernants, et même les entreprises, les multinationales affichent
un souci de l'environnement, s'apitoient sur la crise et la pauvreté
des pays du sud, prennent même, des fois, de généreux
engagements.
Et
pourtant …rien ne change, au contraire on fonce toujours dans la même
direction ( sous le prétexte qu'encore plus de croissance - assimilée
au progrès - encore plus de technique, plus d'accumulation du
capital, plus de libre échange finiront par résoudre les
problèmes de famine, de pauvreté, d'environnement).
Pourquoi
n'est ce pas une évidence pour tous qu'il faille trouver d'autres
modes de production, d'autres principes économiques, un autre
regard sur la vie de la planète et sur les rapports inter humain.
Une évidence de la joie qu'il peut y avoir à être
tous concernés, tous créateurs d'un nouveau monde.
Sans
illusions cependant ni sur la nature humaine ni sur la difficulté
de l'entreprise, car nous savons tous à l'occasion être
victime, bourreau ou hypocrite sauveur…. et presque tous banquiers véreux,
maffioso ou missionnaire.
Sans
la prétention utopique, ridicule et stupide de créer un
monde tout beau tout gentil qui aurait effacé tout conflit, toute
crise, tout épreuve, tout malheur. Bien au contraire ! Et commençons
par regarder en face la crise actuelle sans se cacher derrière
d'autres banalités - de droites, celle-ci - du genre " les
générations prochaines trouveront bien une solution aux
problèmes économiques et écologiques " ou "
Ce n'est rien, vous dramatisez la situation, le capitalisme est de
plus en plus capable d'amortir toutes les crises et de repartir de plus
belle, cf. le crak boursier de 87 " ainsi
A.Minc ( économiste et président de AM.Conseil) vient
à la rescousse de l'économie libérale armé
d'une série de dictons, dans le journal le Monde " Les
premiers investisseurs se brulent les doigts, les suivants sauvent les
meubles, les troisièmes triomphent." .
Cependant
ce n'est pas parce que le système capitaliste a su retomber sur
ses pieds (à quel prix ?) jusque là, qu'il est immunisé
contre toute dérive, contre tout rejet. Alors oublions les illusions
pour demain et restons dans la rigueur de jugement sur notre époque.
Nous pouvons au moins tenter d'avoir un jugement éclairé
et en tirer les conséquences.
TINA
( le " There Is No Alternative " de Mme Tatcher ) n'est plus la fille
unique du XXème siècle, il y a d'autres alternatives à
trouver et nous ne serons peut être pas de trop, les 6 milliards
d'êtres humains, pour chercher des solutions, pour peu que tous
aient le moyen de se faire entendre, et que l'on considère que
chaque être humain est une richesse potentielle.
Nous
sommes 6 milliards d'êtres humains sur la planète et
il faudra faire avec…avant que ce chiffre ne double ou ne triple.
Ce
ne sont pas les rugissements du frêle Sarkozy aux frontières
de la France et de l'Europe qui empêcheront les milliards de pauvres
et d'affamés de s'infiltrer ou d'envahir plus brutalement les
pays riches, le jour où on ne pourra plus leur donner à
manger de couleuvre.
Les quelques chiffres qui vont suivre prouvent que les dés sont
définitivement pipés, qu'au jeu du libre échange
le tiers monde ne peut que s'enfoncer toujours plus :
--
La fortune des 358 personnes les plus riches égale les revenus
des 2 milliards 3 cents millions les plus pauvres.
--Le
PDG de Disney a gagné 230 millions de dollards en 93 en 1 an
, soit ce qu'un ouvrier haïtien, travaillant pour un sous traitant
de Disney, mettrait 325000 ans à gagner !
--Selon
le PNUD les 20% les plus pauvres disposaient de 2,3% des ressources
mondiales en 1969 mais ils n'en avaient plus que 1,1% en 1994 !
--La
planète est aujourd'hui 4 fois plus riche qu'en 1980 et 40 fois
plus qu'en 1900 !
Mais
cette croissance s'est faite au profit presque exclusif des multinationales
et de leurs dirigeants.
--
Les 13 membres du CA de NIKE, ont touché en 1992 2 fois plus
que le salaire cumulé des 6500 ouvriers d'une de leur usine en
Corée.
Qu'est
ce qui peur justifier de tels écarts ? Ah ! oui il faut rémunérer
le capital. ..Bon , alors on va changer les règles de l'économie
!
La
pensée libérale ne peut plus guerre faire illusion. O.K,
son a priori de base est tout à fait séduisant : un marché
qui régulerait spontanément les équilibres économiques.
En poursuivant, chacun, un but égoïste sans s'occuper du
bien commun nous y arriverions tout de même à ce bien commun,
par l'équilibre de toutes les stratégies individuelles
au cœur des marchés. Séduisant par ce qu'il n'est pas
moralisateur et prend l'être humain sans l'idéaliser, là
où il en est. Tout le monde pourrait donc acquiescer à
ce projet. Mais il y a au moins deux questions : Avons nous tous la
même possibilité de poursuivre nos buts égoïstes
? Et si une partie des humains est hors jeu ils ne peuvent faire contre
poids et l'équilibre.. pschiit, comme dirait Chichi.
Si le marché est trop faussé par la spéculation
financière, et les magouillage des PDG et autres, à grande
échelle, est ce que ca marche toujours ?
La
crise actuelle est aussi une crise écologique qui s'amplifie
de jours en jours. Faut il continuer à n'y prendre garde ? Qui
peut vraiment assurer que ce n'est pas grave ? ou que l'endroit où
nous vivons, notre petit coin de Méditerranée, entre Agde
et Montpellier, ne connaîtra pas la montée du niveau de
la mer et les risques d'inondation des terrains à niveau d'eau,
comme l'affirme l'architecte du projet d'urbanisation du triangle de
Villeroy ! !
Les
réserves d'énergie s'épuisent, le nucléaire
n'est pas gérable, du moins pas aujourd'hui, à cause des
déchets qui resteront actifs des centaines de milliers d'années.
La
planète se transforme sous l'action humaine, qui peut assurer
que se sera pour le mieux ?
Cette
crise retentit sur l'économie des pays pauvres. Ils seront les
premiers touchés, et n'auront pas les moyens d'y faire face,
par les désordres climatiques, la pénurie d'eau potable,
la désertification…Mais peut être pense t-on que c'est
un bon moyen de régler le problème de l'explosion démographique.
Ca
vient de sortir ! la nouvelle pollution de l'été : un
immense nuage de pollution plane sur le sud de l'asie, il modifie l'ensoleillement,
la pluviométrie, la croissance des plantes, il est à l'évidence
dû au mode de développement industriel . Z'ont vraiment
pas de chance les gens du tiers monde ! On leur reproche d'être
responsables de leur sous-développement par ignorance technique
et " mauvaise gouvernance " et lorsqu'ils s'y mettent à
fond ils se retrouvent dans un nuage marron ou bien une bulle spéculative
se déchire sous leur pieds, ou encore les recettes du FMI, de
la banque mondiale transforment des pays riches en peuple de miséreux.
….Mais
il paraît que nous devons nous réjouir de la " mondialisation
heureuse " et continuer à consommer sans regarder les nuages,
sans lever les yeux vers les autres, la bouche pleine et la tête
vidée.
Géronime
Glasgow