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    Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N° 45 |
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02 / 09 / 2002

L'ECUME DE NOS JOURS, cet été dans la presse.

     En prenant connaissance dans la presse ces jours ci, des scandales financiers, du naufrage de pays, pourtant bons élèves du FMI et adeptes de l'OMC, où règne le chaos, des dégâts écologiques, des guerres déjà engagées ou promises pour garder une priorité sur les réserves d'énergie, on a un sentiment ambigu.
     D'une part on a l'impression que les idées des écologistes et des adversaires de l'ultra libéralisme se laissent approprier par des couches de plus en plus large de la population et font leur percée dans les médias et même dans les discours de nos gouvernants. Elles sont en passe de devenir des banalités, si ce n'est des évidences. 
     Mais d'un autre coté les promesses d'action de la communauté internationale ne sont suivi d'aucun effet.
Les gouvernants, et même les entreprises, les multinationales affichent un souci de l'environnement, s'apitoient sur la crise et la pauvreté des pays du sud, prennent même, des fois, de généreux engagements.
Et pourtant …rien ne change, au contraire on fonce toujours dans la même direction ( sous le prétexte qu'encore plus de croissance - assimilée au progrès - encore plus de technique, plus d'accumulation du capital, plus de libre échange finiront par résoudre les problèmes de famine, de pauvreté, d'environnement).

Pourquoi n'est ce pas une évidence pour tous qu'il faille trouver d'autres modes de production, d'autres principes économiques, un autre regard sur la vie de la planète et sur les rapports inter humain. Une évidence de la joie qu'il peut y avoir à être tous concernés, tous créateurs d'un nouveau monde.
Sans illusions cependant ni sur la nature humaine ni sur la difficulté de l'entreprise, car nous savons tous à l'occasion être victime, bourreau ou hypocrite sauveur…. et presque tous banquiers véreux, maffioso ou missionnaire. 
Sans la prétention utopique, ridicule et stupide de créer un monde tout beau tout gentil qui aurait effacé tout conflit, toute crise, tout épreuve, tout malheur. Bien au contraire ! Et commençons par regarder en face la crise actuelle sans se cacher derrière d'autres banalités - de droites, celle-ci - du genre " les générations prochaines trouveront bien une solution aux problèmes économiques et écologiques " ou " Ce n'est rien, vous dramatisez la situation, le capitalisme est de plus en plus capable d'amortir toutes les crises et de repartir de plus belle, cf. le crak boursier de 87 " ainsi A.Minc ( économiste et président de AM.Conseil) vient à la rescousse de l'économie libérale armé d'une série de dictons, dans le journal le Monde " Les premiers investisseurs se brulent les doigts, les suivants sauvent les meubles, les troisièmes triomphent." .
Cependant ce n'est pas parce que le système capitaliste a su retomber sur ses pieds (à quel prix ?) jusque là, qu'il est immunisé contre toute dérive, contre tout rejet. Alors oublions les illusions pour demain et restons dans la rigueur de jugement sur notre époque. Nous pouvons au moins tenter d'avoir un jugement éclairé et en tirer les conséquences. 

TINA ( le " There Is No Alternative " de Mme Tatcher ) n'est plus la fille unique du XXème siècle, il y a d'autres alternatives à trouver et nous ne serons peut être pas de trop, les 6 milliards d'êtres humains, pour chercher des solutions, pour peu que tous aient le moyen de se faire entendre, et que l'on considère que chaque être humain est une richesse potentielle.
Nous sommes 6 milliards d'êtres humains sur la planète et il faudra faire avec…avant que ce chiffre ne double ou ne triple.
Ce ne sont pas les rugissements du frêle Sarkozy aux frontières de la France et de l'Europe qui empêcheront les milliards de pauvres et d'affamés de s'infiltrer ou d'envahir plus brutalement les pays riches, le jour où on ne pourra plus leur donner à manger de couleuvre. 
     Les quelques chiffres qui vont suivre prouvent que les dés sont définitivement pipés, qu'au jeu du libre échange le tiers monde ne peut que s'enfoncer toujours plus : 
-- La fortune des 358 personnes les plus riches égale les revenus des 2 milliards 3 cents millions les plus pauvres.
--Le PDG de Disney a gagné 230 millions de dollards en 93 en 1 an , soit ce qu'un ouvrier haïtien, travaillant pour un sous traitant de Disney, mettrait 325000 ans à gagner !
--Selon le PNUD les 20% les plus pauvres disposaient de 2,3% des ressources mondiales en 1969 mais ils n'en avaient plus que 1,1% en 1994 !
--La planète est aujourd'hui 4 fois plus riche qu'en 1980 et 40 fois plus qu'en 1900 !
Mais cette croissance s'est faite au profit presque exclusif des multinationales et de leurs dirigeants.
-- Les 13 membres du CA de NIKE, ont touché en 1992 2 fois plus que le salaire cumulé des 6500 ouvriers d'une de leur usine en Corée. 
Qu'est ce qui peur justifier de tels écarts ? Ah ! oui il faut rémunérer le capital. ..Bon , alors on va changer les règles de l'économie ! 
La pensée libérale ne peut plus guerre faire illusion. O.K, son a priori de base est tout à fait séduisant : un marché qui régulerait spontanément les équilibres économiques. En poursuivant, chacun, un but égoïste sans s'occuper du bien commun nous y arriverions tout de même à ce bien commun, par l'équilibre de toutes les stratégies individuelles au cœur des marchés. Séduisant par ce qu'il n'est pas moralisateur et prend l'être humain sans l'idéaliser, là où il en est. Tout le monde pourrait donc acquiescer à ce projet. Mais il y a au moins deux questions : Avons nous tous la même possibilité de poursuivre nos buts égoïstes ? Et si une partie des humains est hors jeu ils ne peuvent faire contre poids et l'équilibre.. pschiit, comme dirait Chichi.
      Si le marché est trop faussé par la spéculation financière, et les magouillage des PDG et autres, à grande échelle, est ce que ca marche toujours ? 

La crise actuelle est aussi une crise écologique qui s'amplifie de jours en jours. Faut il continuer à n'y prendre garde ? Qui peut vraiment assurer que ce n'est pas grave ? ou que l'endroit où nous vivons, notre petit coin de Méditerranée, entre Agde et Montpellier, ne connaîtra pas la montée du niveau de la mer et les risques d'inondation des terrains à niveau d'eau, comme l'affirme l'architecte du projet d'urbanisation du triangle de Villeroy ! !
Les réserves d'énergie s'épuisent, le nucléaire n'est pas gérable, du moins pas aujourd'hui, à cause des déchets qui resteront actifs des centaines de milliers d'années.
La planète se transforme sous l'action humaine, qui peut assurer que se sera pour le mieux ?
Cette crise retentit sur l'économie des pays pauvres. Ils seront les premiers touchés, et n'auront pas les moyens d'y faire face, par les désordres climatiques, la pénurie d'eau potable, la désertification…Mais peut être pense t-on que c'est un bon moyen de régler le problème de l'explosion démographique. 
Ca vient de sortir ! la nouvelle pollution de l'été : un immense nuage de pollution plane sur le sud de l'asie, il modifie l'ensoleillement, la pluviométrie, la croissance des plantes, il est à l'évidence dû au mode de développement industriel . Z'ont vraiment pas de chance les gens du tiers monde ! On leur reproche d'être responsables de leur sous-développement par ignorance technique et " mauvaise gouvernance " et lorsqu'ils s'y mettent à fond ils se retrouvent dans un nuage marron ou bien une bulle spéculative se déchire sous leur pieds, ou encore les recettes du FMI, de la banque mondiale transforment des pays riches en peuple de miséreux. 
….Mais il paraît que nous devons nous réjouir de la " mondialisation heureuse " et continuer à consommer sans regarder les nuages, sans lever les yeux vers les autres, la bouche pleine et la tête vidée. 

Géronime Glasgow