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    Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N° 43 |
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15/07/02

 

LES OGM ENTRE DEBAT ET PUBLICITE. / suite de l'article: Sciences N° 42


 Nous allons continuer à citer les conclusions de L'agence Française de sécurité Sanitaire des aliments concernant les risques et les avantages des OGM. Conclusions fort éloignées des louanges dont se parent les géants de l'agro-alimentaire dans une brochure qui va bientôt inonder les salles d'attente des cabinets médicaux - brochure dont nous avions parlé dans les deux Numéros  précédents du Chichois.
Les multinationales ne peuvent elles être poursuivies pour : 
-- publicité mensongère ( truquant les conclusions des experts scientifiques et s'abritant sous le patronage d'acteurs qui ne sont pas plus que d'autres qualifiés sur la question, mais sont les garants reconnus de la santé: les médecins. )
-- Publicité abusive ( envahissant un espace que l'on peut considérer comme privé : le colloque singulier médecin / patient) ?

Rappelons que ces publicité abusives et mensongères sont publiées par une association qui s'appelle " Déba " et dont les fondateurs sont Monsanto, Dupont, Aventis et Pioneer. !  Elles sont envoyées à tous les médecins généralistes afin qu'ils en mettent des paquets dans leurs salles d'attentes.

Donc voici les conclusions des experts de l'AFSSA aux questions posées par le gouvernement - ministère de la santé, de l'agriculture en particulier - sur les points sensibles de l'évaluation des risques et des bénéfices, tant pour l'homme que pour le bétail, des OGM. 

" DIFFICULTE DES ESSAIS EN TENANT COMPTE DE TOUS LES PARAMETRES
A quelques exceptions près, les seuls éléments disponibles relatifs à la toxicité ont été obtenus par des administrations uniques (toxicité aiguë) à des animaux de laboratoire, réalisées avec la protéine purifiée.
L'objectif de ces études, réalisées avec le produit OGM ou issu d'OGM (parties de la plante ou produits dérivés destinés à la consommation), d'abord sur animal de laboratoire, puis éventuellement sur animal cible est de mettre en évidence des effets potentiels d'une consommation régulière d'un produit par l'homme ou l'animal, et des effets toxiques inattendus ou non intentionnels qui ne se seraient pas révélés dans les études de toxicité aiguë ou subchronique.
Les essais sur animal cible, c'est à dire sur au moins une espèce d'animaux de ferme (monogastriques, ruminants), consommateurs habituels des produits désignés apparaissent nécessaires en raison : 
-- De la sensibilité différente des espèces à certains facteurs anti-nutritionnels, hormonomimétiques, 
--Aux particularités de leur physiologie digestive ; 
-- Du fait que leur ration peut contenir jusqu'à 90 % de la plante génétiquement modifiée durant la vie entière de l'animal ;
-- Du métabolisme particulier de certains animaux et du risque de stockage éventuel de produits potentiellement toxiques dans certains organes et tissus spécifiques (le foie par exemple). " 

Tous ces paramètres ne sont pas - loin s'en faut - pris en compte aujourd'hui dans les études, l'AFSSA conseille de ne pas se satisfaire de quelques études très partielles, qui de plus donnent des résultats très contradictoires. Arrêtons là pour ce qui est des incertitudes des tests prouvant l'absence de nocivité des OGM.
En guise de conclusion de ce sujet citons encore l'afssa : " Les dangers objectifs et potentiels concernant la sécurité sanitaire des aliments, peuvent naître essentiellement des faits suivants : 1) une plante transgénique peut synthétiser une protéine étrangère qui pourrait produire des effets toxiques aigus ou à long terme et/ou des effets allergéniques ; 2) l'extinction de gènes ou l'expression de séquences silencieuses propres au génome de la plante d'origine pourrait conduire à un effet inattendu. Dans le cas des plantes transgéniques, l'insertion du transgène pourrait induire de tels phénomènes dans la plante transformée ; 3) les interactions métaboliques, discrètes ou non, pourraient faire apparaître des métabolites non prévisibles et toxiques."

Voyons ce qu'il en est des bénéfices attendus et vantés par les promoteurs des OGM. 
En effet les géants de l'agro-alimentaire mettent en avant les avantages pour l'environnement de leurs nouveaux produits ! ( Signalons que les maîtres de l'agro-Alimentaire ne reconnaissent les méfaits des produits phyto-sanitaires utilisés souvent en excès que pour en proposer d'autres encore plus rentables pour eux, et plus incertains pour les consommateurs.) 
Pour 98% des 53 millions d'hectares d'OGM cultivées dans le monde. Il s'agit des plantes rendues résistantes à un herbicide ou à des insectes. Dans les deux cas, l'objectif était de faciliter la culture ou la conservation des végétaux concernés. Mais dans les deux cas, des bénéfices possibles pour la santé ont été allégués : une moindre consommation de pesticides et, dans le cas d'OGM résistants aux insectes, une résistance plus forte aux champignons, avec pour corollaire une moindre consommation de mycotoxines.
Après avoir rappelé les dangers de l'exposition aux pesticides l'AFSSA conclut : l'utilisation d'OGM peut diminuer les expositions professionnelles aux pesticides mais change les données de contamination des écosystèmes (pollution racinaire et diffusion éventuelle des séquences codantes pour des pesticides ou des enzymes de métabolisation) et d'exposition des consommateurs (ingestion accrue des matières actives ou des métabolites). Il est donc important de couvrir l'ensemble de ces aspects par des méthodologies adéquates d'évaluation des bénéfices et des risques. 
D'autre part il y aurait bien une diminution de l'utilisation de certains pesticides …mais une large augmentation d'un autre : le glyphosate ( c à d le " Round up " vendu par Monsando et auquel les semences OGM sont rendues résistantes !). Une discussion entre les experts scientifiques de l'AFSSA suit l'exposition des différentes études menées jusqu'à présent. Citons un avis, entre autres, sur l'interprétation de ces études :: J.F. NARBONNE " En matière de réduction de pesticides, il faut aussi observer que l'agriculture raisonnée entraîne également une réduction des pesticides utilisés. La quantité totale consommée n'a qu'une signification relative, dans la mesure où l'efficacité des pesticides s'accroît considérablement au fil du temps. En outre, le principe de l'agriculture raisonnée, conduisant à ne traiter que lorsque cela est nécessaire, engendre aussi en elle-même une réduction d'utilisation des pesticides. Il faudrait donc comparer aux OGM un type d'agriculture raisonnée et non l'agriculture conventionnelle "

. AVANTAGE ECONOMIQUE OU POUR LA SANTE ?
Il est utile de signaler que les modifications des semences ne répondent pas à une demande formulée par les agriculteurs mais sont une offre, un projet des seuls chercheurs et industriels. De plus les besoins quantitatifs et qualitatifs sont globalement satisfaits et les consommateurs, non plus ne sont pas demandeurs d'OGM. Il apparaît nettement que ce sont uniquement des critères de production, et non des critères de qualité que l'on cherche à atteindre.
" L'évolution depuis 1996 des caractéristiques des plantes est apparu, en particulier, que la notion de " bénéfice " pouvait avoir une signification divergente selon les intérêts en jeu et les points de vue adoptés ". 
Reste que les critères de production pourraient être primordiaux pour le tiers monde. Mais écoutons là aussi les experts : " Si dans les pays en voie de développement l'enjeu alimentaire des OGM paraît important, les avis divergent fortement sur les possibilités réelles d'application. Dans tous les cas il est nécessaire de bien évaluer la pertinence d'une part des objectifs nutritionnels identifiés et d'autre part du choix des techniques de transgénèse par rapport à d'autres solutions impliquant la sélection traditionnelle, les possibilités technologiques ou une réflexion sur les régimes alimentaires et leur formulation. "
" Les problèmes nutritionnels ( des pays en développement) sont aggravés par l'industrie alimentaire qui procède au raffinage des aliments. Plutôt que de mettre en cause les dérives de l'industrie agroalimentaire, les OGM permettent aux industries alimentaires de se livrer à une fuite en avant perpétuelle. Pour les pays en développement, il s'agit avant tout d'une question de planification du développement. Nous avons planifié leur dépendance alimentaire. Des cultures vivrières ont été sacrifiées pour des cultures à l'exportation permettant de nourrir notre bétail. Il s'agit d'une question politique. Les scientifiques doivent-ils servir de couverture pour ne pas dénoncer des dérives agro-industrielles et pour camoufler une non-responsabilisation des politiques concernant la planification du développement" .

. QUEL PEUT ETRE LE BENEFICE D'UNE ALIMENTATION A BASE D'OGM POUR LE BETAIL ? 
" Les résultats expérimentaux compilés à l'occasion de la présente revue arrêtée au 30 Octobre 2001 font apparaître peu de bénéfices directs liés à la modification génétique des plantes actuellement disponibles pour leur utilisation dans l'alimentation animale.
De plus et là aussi en totale contradiction avec les affirmations des publicistes de l'agro alimentaire , des études ont retrouvé la " présence d'ADN provenant des OGM ingérés, dans les contenus intestinaux. Il a été aussi mis en évidence la présence de fragments d'ADN végétal de maïs, d'origine chloroplastique dans les excreta ainsi que dans les muscles du poulet et dans une moindre mesure dans le lait de vache .
"
. AU TOTAL NI L'INOCUITE NI LES AVANTAGES DES OGM n'ont de preuves, on peut aussi bien affirmer l'inverse. La demande ne vient ni des consommateurs ni des agriculteurs.
Donc ATTENDONS. 

-- Géronime Glasgow

( texte entre guillement: citation de l'AFSSA )