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    Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N° 42 |

 

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1/07/02

DES MARINS DANS LA VILLE UNE FREGATE DE GUERRE EN ILE SINGULIERE

Quoi de plus banal que des marins dans un port ? A ceci près que ces marins font partie de l'équipage de la frégate antiaérienne, le Jean Bart, fleuron de la Marine française. Lequel a quitté Sète mercredi 26 mai après une escale de 6 jours en Ile singulière, amarré au quai d'Alger.

Il est venu tout exprès de Toulon (un des 3 ports de guerre en France avec Brest et Cherbourg) via Saint Tropez. Que font les bateaux lorsqu'ils quittent leur port d'attache durant plusieurs mois, où est le Charles de Gaulle, quel est le rôle de l'hélicoptère Panther embarqué sur le Jean Bart, que font les commandos " marine ", etc ? Autant de questions auxquelles l'équipage a répondu de bonne grâce, de manière aussi dynamique que ludique par des visites à bord, du pont aux soutes et des manœuvres, des expositions (œuvres de peintres de la marine, photographies à travers 40 ans de reportages du reporter Christian Brincourt, uniformes et effets du marin du XIXe siècle à nos jours provenant du Conservatoire et dépôt des modèles du Commissariat…) La musique a également investi la ville avec des aubades du Bagad de Lann Bihoué à travers la ville et celle des équipages de la flotte de Toulon.

Côté sétois, la municipalité, le comité des fêtes, l'association des pêcheurs, le lycée de la mer, les administrations se sont associés à cette " première " avec une exposition sur les métiers de la pêche maritime et lagunaire et un tournoi de joutes. Ce qui a également enthousiasmé l'équipage, c'est la particularité du port sétois : " un port dans la ville " dixit le 1er adjoint au maire, Robert Albiol, lors du petit déjeuner d'accueil à bord de la frégate lors de son arrivée.

Un moment d'émotion On peut dire que le Jean Bart a attiré du monde. C'est vrai que ce " mastodonte " tout de gris vêtu, à la propreté méticuleuse, attire immanquablement l'œil. Et chacun, les messieurs surtout, de commenter, de raconter quelques souvenirs de guerre, de service militaire. Les nouvelles technologies ont laissé les plus âgés quelque peu pantois. Des dames, qui ont quelques démêlés avec les grades, ont surtout admiré les hommes dans leur uniformes impeccables et quelques-unes ont bien sûr toucher le pompom rouge et embrassé le matelot qui était dessous pour le traditionnel porte-bonheur, y compris la journaliste.

Le final a été donné mercredi soir. Après l'apéritif offert aux jouteurs et aux marins au pied de la frégate par la Ville, soudain, une certaine fébrilité a agité l'équipage : des permissionnaires arrivaient en courant, des pizzas montaient à bord, chacun retrouvait son poste et les gestes habituels, presque innés. Sur le quai, Sétois et touristes se massaient pour assister au départ. Puis l'heure fatidique est arrivée.

Entre chien et loup, en musique, un ballet nautique s'est déroulé entre les deux remorqueurs du port poussant et tirant le Jean Bart pour lui permettre de sortir de la darse et le va et vient du Bison (remorqueur de la Marine nationale). Au silence qui régnait sur le quai d'Alger, on devinait l'émotion, presque palpable. La gorge nouée par la tristesse, chacun a agité les bras, répondant ainsi à l'au revoir des marins, tous sur le pont, agitant casquettes et bachis. " C'est triste, c'est la musique du Titanic " a dit une dame âgée.

La musique s'est tue. Un coup de sirène l'a remplacée. Rideau sur le Jean Bart. C'est un peu comme si un morceau de la France s'était détaché. Mais, dans l'immédiat, la frégate ne s'est déplacé qu'à Toulon pour une grande toilette et une révision complète quinquennale. Il reste à espérer que ce n'est qu'un au revoir. Mais trêve de pessimiste et donnons la parole à Charlotte et Yohann (10 ans 1/2 et 7 ans ½) : " Il paraît petit comme ça, mais dedans, c'est gigantesque " et, Yohann de rêver, peut-être, à une future carrière à bord d'un bateau comme celui-là. Sait-on jamais ? Car la venue du Jean Bart avait également pour but de susciter des vocations… chez les plus grands bien sûr !.

Katy GOSSELIN

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