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    Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N° 41 |

 

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17/06/02

CENTRE DE RETENTION ADMINISTRATIVE : LE SYNDICAT ALLIANCE SUR LE TERRAIN.

Réouvert depuis janvier dernier après avoir fait peau neuve, le Centre de rétention administrative (CRA) de Sète a, à nouveau, mobilisé les " hautes " instances des syndicalistes d'Alliance (droite) qui ont organisé une conférence de presse le 3 juin.

Mais que se passe-t-il donc dans cet établissement, sous la responsabilité directe du Préfet de Région et géré par le commissariat de police et non par la Police aux frontières (Paf) comme Rivesaltes (NDLR : gardé par des gardes mobiles de la gendarmerie), par exemple ? Rien de nouveau, excepté le manque d'effectifs, notamment pour les transferts des retenus. Les fonctionnaires de police affectés à cette tâche accumulent de nombreuses heures de travail : " entre 50 et 55h par semaine, plus les rappels les week-ends, sans parler du manque de temps pour déjeuner le midi " dénoncent-ils par la voix d'Alliance. En effet, Ils doivent rallier Montpellier et ce, souvent plusieurs fois dans la journée : levée aux aurores pour mettre les retenus dans les avions à Fréjorgues, retour à Sète pour d'autres convoyages au consulat, au tribunal administratif, etc. Certains après-midi, les policiers du CRA font appel à leurs collègues du commissariat pour les convoyages qui eux aussi, n'apprécient guère eu égard à leur charge de travail. Bref, çà grogne, çà râle, pour demander des effectifs supplémentaires, soit 14 personnes.

D'une capacité de 24 places, le CRA, n'accueille que 14 retenus par manque d'effectifs. Dominique Jeoffre (Mme) et Philippe Sebag, respectivement responsable d'Alliance pour les régions Paca et Languedoc-Roussillon et coordinateur régional pour le Languedoc-Rousillon expliquent : " Avec la saturation des autres CRA, Rivesaltes notamment,. Sète devra tourner à plein. Avec un manque d'effectifs pour 14 retenus, comment cela se passera-t-il avec 10 de plus ? ". Ils dénoncent également " la fatigue des personnels, incompatible avec une sécurité maximum ". Alliance est très clair en assènant : " En cas d'évasion par exemple, nous feront porter l'entière responsabilité aux autorités locales, donc le préfet. On demande donc 10 agents supplémentaires pour la garde (15 actuellement) et 4 pour les transferts (6)".

Côté CGT, Guy Barbotteau, syndicaliste certes, mais policier sur le terrain étant opérateur radio chargé de diriger et d'orienter les patrouilles au commissariat de Sète, dénonce lui aussi " le manque d'effectifs, général dans la police nationale " et met surtout en avant le fait que " le CRA de Sète a été rattaché à la Paf, puis à la Sécurité publique. Un nouveau transfert à la Paf est envisagé mais ces indécisions paralysent les prises de décision avec des problèmes d'argent à la clef ".

Le manque d'effectif est aussi d'actualité pour Claude Brigand, représentant régional du Syndicat national des policiers en tenus (SNPT) pour Paca et le Languedoc-Roussillon. Par contre, ce serait plutôt le modus operandi du transfet des retenus qui retiennent son attention : " On a affaire à des retenus et non des détenus. Les premiers viennent chez nous parce que dans leur pays, ils connaissent la faim ou la guerre. Aussi, les transporter dans un fourgon cellulaire (avec des cellules à l'intérieur) est un manque de respect total . Les droits de l'homme sont bafoués ". On ose espérer que ce monsieur, installé dans son bureau du Service général de l'administration de la police (Sgap) à Marseille, ne sous entend pas que les détenus peuvent, eux, être transportés n'importe comment, dans n'importe quoi ! Il y a bien une solution : la Ligue des droits de l'homme peut toujours acheter, ou louer (comme à Rivesaltes) un beau camion, aménagé style bus, pour les retenus. On ne peut que constater que lorsque des policiers, des gendarmes, d'innocentes victimes lambda se font agresser par des loubards, plus personne ne parle de droits de l'homme bafoués. Etrange non ?

Côté commissariat, le commandant Daniel Tiffes explique: " Théoriquement, on compte un gardien pour cinq retenus. En ce moment, on compte 2 policiers pour les " gardés " mais ils sont aidés par des moyens de vidéo surveillance et autres alarmes volumétriques. Le jour, un ou deux retenus se promènent à la fois. La nuit, ils sont enfermés dans leur chambre et surveillés ". En 19 semaines de fonctionnement, 224 retenus sont déjà passés par le CRA, soit une moyenne de 11 par semaine. Côté transferts, 151 ont été effectués vers les Tribunal de grande instance, Cour d'appel, tribunal administratif, consulat, avion (uniquement à Fréjorgues) et " jamais à la prison de Villeneuve-lès-Maguelone ". Pour Daniel Tiffes, le problème devrait se régler en fin d'année, " le préfet ayant d'ores et déjà affecté des adjoints de sécurité au CRA. Lesquels, encore à l'école de police, renforceront les effectif tout en prenant en compte les départs à la retraites".

 

Katy GOSSELIN