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    Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N° 40 |

 

   

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03/06/02

Le "Sommet Mondial de l'Alimentation, cinq ans après" se tient à Rome du 10 au 13 juin. Ce sommet organisé par la FAO - Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture - a pour objectif de passer en revue les progrès réalisés depuis le Sommet de 1996, de présenter les mesures que les dirigeants envisagent pour atteindre les buts fixés, de mobiliser la détermination politique et les ressources pour accélérer les progrès accomplis dans la lutte contre la faim. «A cette époque d’abondance, comment le monde peut-il continuer à tolérer que plus de 800 millions de personnes doivent lutter contre la faim au quotidien et vivre dans la plus grande misère?»

Le sommet Mondial de l'Alimentation fera le point des progrès et identifiera des moyens d’accélérer le processus. Les chefs d’Etat ou de Gouvernement sont conviés à cet événement historique, au vu de leur capacité privilégiée d’influencer la politique au niveau le plus élevé. Les organismes des Nations Unies et les organisations intergouvernementales et non gouvernementales participeront également au Sommet.

Pourquoi maintenant ? Lors du Sommet mondial de l’alimentation de 1996, les représentants de 185 nations et de la Communauté européenne se sont fixé l’objectif de réduire de moitié le nombre d’enfants, de femmes et d’hommes sous-alimentés d’ici 2015.Force est de constater que les progrès accomplis à ce jour ont été trop lents. Pour atteindre l’objectif, le nombre de personnes sous-alimentées devrait baisser au rythme de 20 millions chaque année, soit beaucoup plus que le taux actuel de 8 millions. Si nous prenons des mesures correctives dès maintenant, le but peut encore être atteint.

Le FIDA ( Fond international de développement agricole ) cite " POUR FAIRE DIMINUER DE MOITIÉLA PAUVRETÉ DANS LE MONDE, IL FAUT PRIVILÉGIER LA REVITALISATION DE L’AGRICULTURE Aujourd’hui, 1,2 milliard d’habitants de la planète vivent dans une situation de pauvreté extrême, avec moins d’un dollar par jour. Les trois quarts des pauvres du monde vivent et travaillent dans les campagnes". Pour lutter efficacement contre la pauvreté, il faut réorienter les ressources en faveur des habitants des campagnes et des pauvres. Il est non seulement inéquitable, mais aussi inefficient d’exclure des segments de population de l’école ou de les empêcher d’exploiter des ressources productives simplement parce qu’ils sont trop pauvres pour emprunter, ou parce qu’ils sont nés dans des villages et n’ont donc pas accès aux services qu’offrent les villes, ou parce qu’ils vivent dans des zones isolées et éloignées des marchés. Néanmoins, la relance de l’agriculture n’est qu’une partie de la solution au problème de la pauvreté rurale. Les progrès de l’agriculture peuvent contribuer à réduire la pauvreté, mais à condition d’être associés à d’autres transformations visant à donner aux pauvres davantage d’influence sur les facteurs sociaux qui déterminent, et trop souvent limitent, l’horizon de leurs possibilités, y compris dans le domaine de l’agriculture. " La lutte contre la pauvreté n’est pas quelque chose que les pouvoirs publics, les organisations de développement ou les ONG peuvent faire pour les pauvres. Ils peuvent forger des partenariats et aider à mettre en place les conditions dans lesquelles les pauvres peuvent, grâce à leurs propres talents et compétences, trouver les moyens de sortir de la pauvreté. Mais ce sont les pauvres eux-mêmes qui doivent être les acteurs de leur propre développement. "

Une analyse de l'organisation Greenpeace montre bien que la planète produit aujourd'hui assez de nourriture pour satisfaire tous les besoins, plus de 800 millions de personnes dans le monde souffrent toujours de la faim. Cette situation paradoxale perdure car les premières causes de malnutrition sont les conflits armés et la pauvreté. La solution est donc d'abord politique et économique. Accéder dans la dignité à une nourriture qualitativement et quantitativement suffisante implique d'avoir un pouvoir d'achat approprié ou de produire sa propre nourriture. C'est l'accès aux moyens de production, surtout à la terre, et la répartition des richesses dans la population, qui posent problème. Il n'y a, de fait, pas de relation directe entre la quantité de nourriture produite par un pays et le nombre de mal nourris qui y vivent. Ainsi, 80% des enfants souffrant de malnutrition vivent dans des pays qui exportent des denrées alimentaires. Une partie des Argentins ne mange pas à sa faim, alors que ce pays est le deuxième exportateur mondial de plantes génétiquement modifiées. De même, 20 millions de Brésiliens, soit 10% de la population, sont mal nourris, alors que le Brésil exporte chaque année plus de 11 millions de tonnes de soja. Il faut aussi trouver des débouchés rémunérateurs pour les productions : les paysans du Sud sont souvent les premières victimes de la faim car ils doivent également faire face à la concurrence déloyale des produits issus de l'agriculture très subventionnée des pays du Nord.

La pénétration des OGM. Une part croissante des citoyens du monde, Européens en tête, refusent de voir des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans leurs champs et encore moins dans leurs assiettes: risques sanitaires mal évalués, conséquences néfastes pour l'environnement, pollution génétique… Au refus des consommateurs et des citoyens s'ajoute la résistance des producteurs pour lesquels les OGM n'offrent pas d'avantages réels. Afin de surmonter ces résistances et d'écouler ses produits, l'industrie des OGM a cru bon de modifier sa stratégie de communication. En quelques mois, les OGM sont ainsi devenus "le moyen de combattre la faim dans le monde et de nourrir les pays du Sud". Les déconvenues financières des compagnies agrochimiques qui produisent les OGM leur auraient-elles fait découvrir la philanthropie et la charité ? Comme le prétend Monsanto, le refus des OGM ne serait-il qu'un luxe de pays nantis que notre planète, en proie à la famine, ne pourrait se permettre?

Seulement quatre firmes contrôlent la totalité du marché des OGM et 60% du marché des semences : Aventis, Dupont, Monsanto et Syngeta. En 1998, Monsanto commercialisait, à elle seule, 90% des plantes transgéniques. Pour ces compagnies, les enjeux en terme de marchés sont colossaux. Les OGM sont en effet des plantes brevetées, sur lesquelles les firmes détiennent juridiquement un monopole d'exploitation commerciale. Concrètement, ces compagnies interdisent aux agriculteurs de réutiliser une partie de leur récolte pour la replanter l'année suivante. Cette pratique représente pourtant un des fondements de l'agriculture, aussi bien pour les paysans du Sud que pour ceux du Nord. En Afrique, 80% des paysans utilisent des semences fermières, dont le contrôle est un enjeu vital. Autant de manque à gagner pour les firmes productrices d'OGM, qui cherchent à mettre sur le marché des semences stériles, de type Terminator . A la stérilisation juridique du brevet s'ajouterait ainsi la stérilisation génétique (Berlan et al., La guerre au vivant ; Edition Agone, 2001), qui permettrait à ces quatre firmes de contrôler les ressources génétiques et de disposer pour de bon de l'arme alimentaire.

A l'occasion de ce sommet l'organisation mondial Greenpeace interpelle les gouvernements et les ministres concernés de " soutenir le principe de souveraineté alimentaire afin de permettre à chaque pays de mettre en œuvre la politique agricole de son choix, et de pousser la communauté internationale à s'engager dans des actions concrètes. " , et demande à ce que les points suivants soient mis en œuvre et inscrits dans la Déclaration finale du Sommet :

  • améliorer la sécurité alimentaire dans les dix ans à venir en donnant la priorité aux pratiques agricoles durables respectant l'environnement, les savoirs traditionnels et les cultures locales
  • ratifier immédiatement le Protocole de Carthagène sur la Biosécurité ainsi que le Traité International sur les Ressources Génétiques pour l'Alimentation et l'Agriculture reconnaître et mettre en œuvre le droit des Etats à refuser les importations d'OGM et à protéger leurs ressources génétiques nationales de toute contamination génétique, en particulier dans les centres d'origine et de diversité des espèces
  • interdire les brevets sur le vivant et sur les gènes et empêcher l'utilisation des "technologies de restriction génétique", de type Terminator, afin de garantir le contrôle public de la biodiversité agricole
  • reconnaître que les organismes génétiquement modifiés ne sont pas une solution pour résoudre la problème de la faim et qu'ils entraînent au contraire des risques écologiques et économiques, notamment une dépendance accrue des paysans à l'égard des firmes multinationales
  • éliminer les subventions agricoles qui sont destructrices pour l'environnement et néfastes pour l'agriculture des pays du Sud

Cathy delaincourt / FAO / Greenpeace