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    Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N° 39 |

 

   

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13/05/02

Une étude confidentielle de l’UE confirme : les OGM menacent l’agriculture conventionnelle et entraînent la disparition de l’agriculture biologique

Bruxelles, le 16 mai 2002 – Une étude confidentielle de l’Union européenne (UE), que Greenpeace s’est procurée, indique que tous les agriculteurs devraient faire face à des coûts de production supplémentaires élevés, parfois insurmontables, au cas où des cultures transgéniques commerciales devaient se faire à grande échelle en Europe. L’étude estime que la situation deviendrait particulièrement critique pour la culture de colza biologique et pour la production intensive de maïs conventionnel. La Commission européenne avait commandé cette étude en mai 2000 à l’Institut de prospective technologique du Centre commun de recherche de l’UE. L’étude a été livrée à la Commission européenne en janvier 2002 avec recommandation de ne pas la rendre publique.

« La Commission européenne a tenté de garder le secret sur cette étude, » a déclaré Lorenzo Consoli, Conseiller OGM de l’Unité européenne de Greenpeace, « car elle avait peur de ses implications politiques. Elle pousse en effet à se poser une question : si l’introduction de cultures transgéniques à une échelle commerciale en Europe augmente les coûts de production pour tous les agriculteurs, les rend plus dépendants des grandes compagnies semencières et implique des mesures onéreuses et compliquées pour éviter les contaminations, pourquoi devrions-nous accepter l’agriculture transgénique ? »

Dans le cas du colza, l’étude de l’UE indique que, si la coexistence de plantes transgéniques et non-transgéniques dans une même région est « techniquement possible », elle serait « économiquement difficile » à cause des coûts supplémentaires qu’elle implique et de la complexité des changements nécessaires dans les pratiques agricoles pour éviter des contaminations génétiques. Les agriculteurs conventionnels aussi bien que biologiques « seraient probablement forcés de cesser d’utiliser des semences de ferme et devraient acheter des semences certifiées, » en raison des risques accrus d’impuretés transgéniques dans les semences issues de champs exposés à une contamination. L’étude estime que les petites exploitations agricoles auront à faire face à des coûts relativement plus élevés que les grosses, et que la culture de plantes transgéniques et conventionnelles dans une même exploitation « est un scénario irréaliste, même dans le cas d’une grande exploitation ».

Les principales conclusions de cette étude sont les suivantes :

  • · La commercialisation de colza, de maïs et, dans une moindre mesure, de pommes de terre transgéniques, augmentera les coûts d’exploitation pour les agriculteurs biologiques et conventionnels (de 10 à 41 % pour le colza et de 1 à 9 % pour le maïs et les pommes de terre).
  • · La coexistence de cultures transgéniques et biologiques serait impossible dans de nombreux cas.
  • · Plus généralement, la coexistence ne serait possible qu’au prix de changements importants dans les pratiques agricoles, en particulier pour les agriculteurs conventionnels.
  • · La non-contamination transgénique des semences et des cultures serait quasiment impossible dans la plupart des cas : tous les produits et toutes les semences de colza et de maïs finiraient par être contaminés.
Cette étude, qui se fonde à la fois sur des simulations informatiques et des analyses d’experts, met en évidence les conséquences d’une augmentation de la proportion de cultures transgéniques. Elle s’est penchée sur trois plantes dont il existe actuellement des variétés transgéniques : colza, maïs, les pommes de terre (pour la consommation humaine). L’étude couvre plusieurs types d’exploitations agricoles, aussi bien biologiques que conventionnelles et tient compte des différents seuils de contamination génétique autorisée. « Il serait temps de s’apercevoir que les OGM, dont les risques sont toujours mal évalués et les avantages inexistants, remettent inexorablement en cause la diversité des modèles de l’agriculture française », conclut Eric Gall, chargé de campagne à Greenpeace France.
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