Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N° 37 |

OPIS

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01/04/02

HISTOIRE

Le 18 mars 1962, les Accords d'Evian (prenant effet le lendemain 19 mars à midi), déclaraient le cessez le feu en Algérie. Qu'en est-il 40 ans après la fin de ces hostilités, enfin reconnues comme une vraie guerre ? Ce 40e anniversaire a fait couler beaucoup d'encre et de… salive de la part des " pour l'Algérie française " et ses détracteurs pour qui, selon eux, ces hommes et ces femmes installés " là-bas " durant 132 ans n'ont été que des colonisateurs au sens le plus péjoratif du terme. Loin des polémiques, pourquoi ne pas, tout simplement, privilégier les faits historiques ? A découvrir, dès aujourd'hui et durant tout le mois de mai : 1830-1962 : La grande aventure des Français d'Algérie.

Qu'il soit permis de s'interroger ! Se gouverner seul, être indépendant sans asservissement de tous ordres, est un droit fondamental de tout peuple. Ceci implique l'autogestion. Or, n 'en déplaise à certains, qu'est l'Algérie aujourd'hui ? Les Pieds-noirs revenus en métropole ont laissé… la maintenance : cultures, commerces, hôpitaux, écoles, collèges et lycées, institutions sociales, etc Bref, un pays indépendant en état de fonctionner. Au passage, il convient de noter que l'Algérie (département français alors ) a été écarté du référendum sur l'indépendance qui a eu lieu le 10 avril 1962. Seuls les métropolitains sont allés aux urnes. Le résultat (publié aux Journal officiel) fait état de 26 983 275 inscrits, 20 402 503 votants, 10 300 026 suffrages exprimés, 17 505 473 oui (90,70%), 1 794 553 non (9,30%), 1 102 477 nuls.

Les reportages des medias, de la presse audiovisuelle en l'occurrence, ne montrent donc que des images tronquées en révélant la misère, les ruines, le chômage, les tueries au " douk-douk " ou aux bombes (2 ont encore explosé à Alger samedi 13 avril dernier) entre gens d'une même ethnie. N'en déplaise encore à certains, ces Français de là-bas n'étaient pas tous des " gros " colons à la fortune colossale, regardant, du haut de leurs deniers, leurs terres cultivées par les indigènes. Il y en a eu ! Ceux-ci n'ont pas attendu 1962 pour rejoindre la métropole, arrivant bien avant. Mais à côté d'eux, d'autres étaient employés, fonctionnaires, petits paysans, etc. Si certains habitaient les immeubles chics des beaux quartiers, d'autres résidaient en HLM. Il suffit juste de faire preuve d'un minimum d'honnêteté et de ne pas se référer à la pensée unique. Libres, les Algériens avaient en main les atouts nécessaires à la réussite de leur indépendance. Aujourd'hui, leur souhait est de vivre en France. Pourquoi ? Cherchez l'erreur !

L 'ARRIVEE DES PREMIERS COLONS. 1830 en France : la population fuyait pour défendre ses idées politiques, la famine dans un des moments chaotiques de notre pays, la Monarchie de juillet. Vaincus par cette Révolution, des aristocrates légitimistes qui avaient cru en la Restauration, " fondaient l'espoir de continuer à vivre en France tout en la quittant " , considérant " qu'elle était aux mains de boutiquiers ". Ces aristocrates, riches, ont donc pensé à s'exiler dans un pays vierge - l'Algérie (aux mains des Turcs) - en utilisant leur argent pour " construire ". Et les voilà partis vers cet Eldorado.

Le toponyme Algérie a été entériné le 14 octobre 1839 par lettre du général Schneider au maréchal Valée, alors gouverneur général des possessions françaises en Afrique du Nord. D'abord installés à proximité des ports, les 1er colons se sont ensuite aventurés à l'intérieur des terres, marécageuses, qu'il entreprirent de défricher. Choléra et malaria décimaient les indigènes. Ces maladies firent également de nombreux ravages parmi les pionniers. Des maisons de secours ont été créés en 1838 à Alger. Puis le succès de l'entreprise est arrivé tel, Boufarik, où en 1837, près de 150 colons étaient établis, il a fallu attendre 1856 pour que les naissances (106) l'emportent sur les décès (79).

Le "désert vert " Dans la moitié du XIXe siècle, les 1e arrivés n'avaient que des bras et de l'espoir à laquelle l'Armée a ajouté pelles, pioches, couvertures, caisses (en guise de meubles) en leur donnant l'ordre de construire des villages. Un obstacle de taille devait être vaincu : l'eau ! Ou il y en avait trop ou pas assez. Ainsi, les colons ont creusé des puits, asséché les marais, construits des barrages pour irriguer plaines et pentes, ouvrant ainsi la route à la recherche agronomique : céréales, vigne (de 2000 ha seulement sous la domination turque, l'Algérie est passé à 125 000 ha en 1885, soit ¼ de siècle d'avance sur la vigne métropolitaine, en proie au phyloxéra. Le vin d'Algérie prenait la mer pour la métropole via le port de Sète), agrumes (le mandarinier en 1850 et un hybride du mandarinier et du bigaradier : la clémentine en 1898, " fruit " du frère Clément, religieux de l'orphelinat agricole de Misserghin près d'Oran. Les moines de ce monastère ont été assassinés il y a 7 ou 8 ans). Dès 1872, 392 faucheuses et 410 moissonneuses-batteuses (d'origine américaine pour la plupart) fonctionnaient sur le sol algérien. Ceci nécessitait de la main d'œuvre, génératrice… de rentrées d'argent pour tous.

Katy Gosselin

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