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COMMUNIQUE DE PRESSE de L'Athénée Le tissu associatif devrait être considéré par tous les acteurs sociaux et politiques comme un véritable patrimoine social et culturel, choix même de nos démocraties. Trop souvent aujourd'hui, l'apport des associations et des mouvements est sous évalué. Trop d'acteurs politiques cèdent à la tentation d'en faire des instruments au service direct de leurs objectifs politiques et ce au détriment de l'objet social associatif spécifique. Contribuant ainsi à creuser l'écart entre les citoyens et les institutions politiques républicaines. Ces types de dérives mettent à mal la vitalité de la société civile et font peser de lourdes menaces sur la démocratie elle-même. L'Athénée a toujours plaidé pour une relation entre les pouvoirs publics et les associations qui soit fondée sur la reconnaissance mutuelle de l'égalité de statuts de partenaires, de leurs savoirs et expériences, et de leur autonomie. Il en va du "contrat de citoyenneté", c'est dire de l'état d'esprit d'une communauté ou d'une société et de la représentation que celle-ci se fait de ses propres droits et capacités d'agir sur elle-même et sur son devenir. L'association est constituée de citoyens contribuables, et redevables d'office, à l'état et ses institutions républicaines, par conséquence ses besoins formulés en terme de demandes de subventions auprès de ces mêmes institutions et collectivités territoriales sont non seulement légitimes mais indispensables. Une des questions centrales liées au "phénomène associatif local" c'est à dire à la relation entre les collectivités locales (Ville, Département, Région) est que l'on finance plus les frais de siège de structures indépendantes, c'est à dire le projet associatif lui-même dans une optique de développement durable. Les associations sont devenues des partenaires respectables pour l'administration qui ne demande autre que "la conformité au dossier ". Les présidents deviennent des agents bénévoles de politiques parapubliques, gérant leurs affaires dans la précarité totale, courant des risques démesurés mais les associations restent muettes sur ce qu'elles pensent de cette relation par peur d'affaiblir "leur image ". Nous assistons donc en permanence à de doubles discours de l'exaltation et en même temps de la suspicion jetée sur la vie associative puisque celle-ci, plus elle se comporte en sous-traitante et doit se déguiser en demandeur, moins elle est considérée et respectée pour ce qu'elle porte et propose. Existe-t-il une position publique explicite sur la suspicion vis à vis de la vie associative ? Nous avons du payer plus de 30 000 francs en avocats et Commissaire aux Comptes pour prouver notre légalité et expliquer aux hommes politiques ce qui dit la loi à notre sujet. Existe-t-il une logique de coûts comparatifs entre associations et service public pour une même prestation rendue ? L'association est-elle seulement réduite à un dispositif de solidarité supplémentaire à bas coût ? Les associations sont emmenées à grappiller dans la marge des projets publics. Elles se trouvent dès lors dans un statut culpabilisé, à la limite de la malhonnêteté, presque traitées comme des mendiants !!! Pourtant l'espace de paroles dans la vie associative nécessite aussi des moyens financiers. Veut-on financer un espace de paroles ou " un partenaire politique de préférence virtuel ". Quels seraient aujourd'hui les critères permettant de financer le fonctionnement démocratique même des associations ? Le dénominateur commun aux associations n'est-il pas la liberté d'expression, la liberté de parole et le statut de droit à la parole ? Si les savoirs des citoyens réunis sont indispensables à la conduite de l'action publique, alors il y a une nécessité de financer ce travail, de financer "ces savoirs indociles ". Le financement de la critique de l'action publique est le contraire du financement de la docilité associative dans les "dispositifs d'action publique ".
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