Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N° 35 |

OPIS

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18/03/02

SECURITE POLICE NATIONALE ET POLICE MUNICIPALE : ENTENTE CORDIALE MAIS PAS A ARMES EGALES !

Pas de guerre des polices en Ile singulière ! Une convention de coordination a été signée en mairie de Sète le 5 mars dernier (pour 5 ans, renouvelable ensuite d'année en année par tacite reconduction) par le préfet de Région, Daniel Constantin, le maire, François Commeinhes, le commissaire central du commissariat de la police nationale (PN forte de 180 fonctionnaires dépendant du Ministère de l'Intérieur), Séraphin Parra et le chef de la police municipale (PN, 27 agents dont l'employeur est la mairie), Jean-Louis Verges.

Ce, dans le but de définir les compétences de chaque entité. Si la loi du 15 avril 1999 confère de nouveaux pouvoirs dans le domaine judiciaire (surveillance de la circulation et du stationnement) et de la police administrative (surveillance des foires et marchés), la police nationale reste, n'en déplaise à certains, prépondérante et l'interlocuteur privilégiée des citoyens même. Même si la convention du 5 mars dote les policiers municipaux de tonfa (bâtons de défense /arme de 6e catégorie) et amplifie leurs horaires " notamment en fin de soirée pour assurer la tranquillité de certains lieux en accord avec la police nationale "

La convention stipule également que " La police municipale est chargée des opérations d'enlèvement des véhicules épaves, de la surveillance des opérations desdits enlèvements et les mises en fourrière ". A contrario, la restitution des véhicules volés sont faites par les services de la police nationale. Un dispositif de vidéo surveillance - " outil de dissuasion pour les délinquants et de régulation de la circulation " - installé rapidement (dixit la convention) soutiendra l'action des policiers. La police municipale doit rendre des comptes à la police nationale notamment lorsqu'elle est impliquée dans des missions de protection (plan Vigipirate, lutte contre le terrorisme, etc).

VOUZ AVEZ DIT POLICE ?

Sans remettre en cause la police municipale qui est fort utile, dans la réalité, qu'en est-il de son travail ? Ils ne sont policiers que de nom et d'uniforme. Or, ce n'est pas l'uniforme qui définit la fonction. Certains revendiquent les mêmes droits que les policiers nationaux. Libre à ceux ci de passer le concours d'entrée à l'école de la PM et de s'appuyer un an d'étude. Après, foin des horaires bien calés et des sorties sans risques… Ils sont avant tout des personnels communaux aux tâches bien précises : surveillance des abords des établissements scolaires (en fonction des effectifs le samedi), des foires et des marchés (en été uniquement à celui de la Corniche le jeudi).

Parmi ces tâches, la verbalisation pour mauvais stationnement en fait partie tout comme l'enlèvement de ces bagnoles pourries fait partie de ces missions. Ces poubelles sur roues stationnent durant des mois durant, sans que la police municipale lève le petit doigt. Riverains, si vous vous adressez à la PN, votre appel ne sera pas pris en compte, car, c'est à elle, seule, de constater de visu. D'accord… Mais pour constater, encore faudrait-il que les policiers municipaux passent dans les rues. Si on en voit quelques uns dans le centre ville, la périphérie (quartier des 4 ponts notamment) est quelque peu délaissée ! Heureusement que les îlotiers de la police nationale font de fréquents petits tours. Or ces rues ne sont pas des débarras. Les habitants n'y roulent peut-être pas sur l'or mais, à l'instar de ceux des beaux quartiers, ils s'acquittent d'impôts locaux avec lesquels sont payés, entre autres, les policiers municipaux ! Alors, à quel titre devraient-ils subir ces épaves non tolérées dans les quartiers huppés qui, eux, sont dénués d'âme, de ce charme indéfinissable de ceux dits populaires et dans lesquels passent également des touriste et… chaque jour des résidents bardés de poussettes, de cabas remplis de courses, de béquilles…

Avec tout çà, se faufiler entre le mur et les voitures garées sur les trottoirs ou sur les passages protégés, relèvent presque du parcours du combattant. Certes, ces manques ne sont pas uniquement du fait des policiers municipaux qui ne peuvent pas être partout à la fois. Mais loubards et autres malfrats comprennent vite que, seul, le centre ville et les quartiers chics sont surveillés ! Alors, pourquoi pas une vidéo surveillance (comme cité dans la convention) dans ces " petits " quartiers ? Les gens qui aspirent au calme, n'ont rien à se reprocher, sont sensibles au cadre de vie apprécieraient.

Dans la convention du 5 mars, le 1e magistrat n'a-t-il pas affirmé : " La sécurité de nos administrés et des nombreuses personnes qui y séjournent, Sète étant une ville touristique, est un droit fondamental dans notre démocratie et une priorité. " A cet énoncé, il est permis de croire que tous les quartiers bénéficient du même privilège. Quant à l'uniforme, pourquoi pas un spécifique aux policiers municipaux ? Pourquoi pas le même que la police nationale mais dans une autre couleur : gris foncé par exemple ! Malheur aux myopes qui doivent se coller le nez sur les badges pour faire la différencier les uns et les autres. Alors, guerre des polices ? Que nenni ! Il s'agit d'une coordination, d'une complémentarité qui, bien pensée, avec des hommes aimant le contact humain, le travail bien fait, ne peuvent que contribuer à faire respecter civisme et citoyenneté dont certains, prônant le chacun pour soi, considérant qu'ils n'ont que des droits bafouant la notion de devoir, font fi.

Katy GOSSELIN

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