POURQUOI
ET COMMENT NOMMER LES ELEMENTS DU MONDE ?
--
Quelle différence y a t il entre " matière biologique " et
" organisme vivant " ?
--
En quoi est il très risqué d'être l'un des embryon
dénommé " surnuméraire " " sans projet parental "
?
--
Comment l'embryon y perd il dignité, essence humaine et statut de
patient ?
--
En quoi est ce plus prometteur d'être un organisme " modifié
" plutôt que " manipulé " ?
--
Un OGM est il " équivalent " à un non - OGM ?
--
Comment la différence entre une découverte et une invention
s'est elle estompée
--
Quelles sont les conséquences pour l'usage technique d'appeler "
simple molécule chimique " le gène, celui ci n'est il réductible
qu'à une simple molécule chimique parmi d'autres ?
--
Existe il une " exception du vivant " qui le différencierait des
autres objets soumis aux lois du commerce international ?
--
Est ce réellement la même chose de dire " résistant
" ou " tolérant " pour parler de la réaction d'une plante
face à un herbicide ?
A quoi
servent ces glissements de sens ?
Qu'est
ce qu'une " matière biologique " ? Y a t il une spécificité
du vivant ? Les
êtres vivants ont toujours ( jusqu'à ces 20 dernières
années) été exclus du domaine de brevetabilité.
Notons au passage que les médicaments ne sont eux mêmes brevetés
que depuis une cinquantaines d'années.
Tout
a commencé aux USA, en 1971. Un microbiologiste A.Chakrabarty, met
au point un micro organisme modifié pour absorber le pétrole
des marées noires. Il présente son invention devant le PTO
, équivalent Américain de l'institut national pour la propriété
industrielle, Le PTO refusa la demande puisque la loi Américaine
refusait de breveter les êtres vivants. Chakrabarty fit appel devant
la cour des douanes et des brevets, laquelle déclara que le fait
" que les microorganismes soient des êtres vivants n'a pas de portée
juridique. " d'autant " qu'ils ressemblent davantage à des composés
chimiques inanimés, tels que les réactants, les réactifs,
et les catalyseurs, qu'à des chevaux, des abeilles, des framboises
ou des roses. " ! ! Le PTO suivit la cour dans son jugement.
En
France et dans la communauté Européenne c'est l' office européen
des brevets ( OEB) qui décide des brevets sur le vivant en se basant
sur la convention Européenne de 1973 - laquelle ne parlait pas encore
" d'invention biotechnologique "., ce qui est un peu génant pour
asseoir une juridiction de brevetabilité des biotechnologies !
Le
texte de la directive Européenne 98/44, sur les brevets dans le
domaine agricole, réduit le vivant à de la " matière
biologique " afin de contourner l'interdit de breveter un organisme vivant.
Autre
point litigieux dans l'octroi de brevet : ils doivent être des inventions
. Le vivant, que ce soient les gènes ou une autre partie, sont découverts
ils ne sont pas inventés, pourtant des brevets sont accordés
sur des gènes, même non manipulés, sur des organismes,
en les rebaptisant inventions !
Aujourd'hui
la prise de brevets sur des êtres vivants , ou des parties d'être
vivants -en particulier d'êtres humains, tel le gène de prédisposition
au cancer du sein - est devenue possible.
Peut
être vaudrait il le coup de s'interroger sur l'interdiction des années
précédentes.
Est
ce que le fait d'assimiler animaux, plantes et humains à de la matière
industrielles suffit à lever tous les interdits ?
Qu'est
ce qui rapprochent ' Résistance" et "Tolérance" ? On
parle de bactérie résistante à un antibiotique pour
signifier qu'elle survit à des doses habituellement létale
d'antibiotique , on ne se préoccupe pas, alors, des effets de ces
antibiotiques dans le corps du patient ou dans le métabolisme de
la bactérie.
Sur
le même modèle, le discours qui promotionne les OGM agricoles
nomme des plantes : " résistantes à des insectes nuisibles
" et d'autres " résistantes à des herbicides ".
Cela
est simplifier le problème et fausser la manière de le poser.
Lorsqu'une
bactérie est résistante à un antibiotique on change
d'antibiotique car c'est cette bactérie dont on veut se débarrasser.
Lorsqu'on parle d'OGM résistant à un herbidide , la plante
visée à éliminer ce n'est l'OGM mais les diverses
mauvaises herbes qui poussent dans le champ. Jusque là les quantités
d'herbicide déversées dans le champ étaient limitées
par la peur de tuer aussi la plante que l'on faisait pousser . Maintenant
on peut arroser sans précaution - et donc plus vite, c'est l'intérêt
- massivement tout le champ. Ce sont les mêmes firmes - Monsanto,
Novartis …. - qui proposent le kit herbicide - OGM résistant à
ce même herbicide ! ! Ces plantes résistantes à un
herbicide représentent 71% des OGM cultivées dans le monde
! Ont ils vraiment un intérêt ? Quels en sont les dangers
?
Le
danger le plus immédiat est la multiplication - déjà
enregistrée - par 10 à l'hectare des herbicides qui polluent
la terre, les nappes phréatiques et le consommateurs. L'intérêt
paraît bien minime face aux inconvénients !
Les
expériences n'ont pas été menées sur les effets
de l'herbicide sur la plante tolérante qui l'incorpore, à
son métabolisme, pas plus que n'ont été pratiquées
les expériences visant à estimer les transferts de résistances
aux mauvaises herbes et forme sauvages de la plante cultivée.
Le
Pr. J.P Berlan, dans son livre " la guerre au vivant " prévient
: " le terme qu'il faudrait employer est celui de " tolérant
" aux herbicides. Parler de résistance a pour fonction d'éviter
les tests longs et coûteux qu'impose la diffusion d'un nouveau pesticide,
et des études de la toxicologie chronique d'herbicides ingérés
à des doses supérieures aux normes des produits agricoles
"
28%
des plantes OGM sont résistantes à des insectes, ou plutôt
ce sont des plantes insecticides. On leur a incorporé un gène
de bactérie -Bt - plus un gène marqueur de résistance
à un antibiotique et un vecteur viral. Le tout produit une molécule
qui n'existe pas dans le complexe insecticide naturel produit par la bactérie
prédateur de la pyrale. " Ici l'expression " résistant
" permet d'introduire sans tests toxicologiques, puisqu'il s'agit d'une
méthode écologique, un traitement nouveau, avec un insecticide
nouveau, à des doses 10 000 ou 100 000 fois supérieures à
celles que l'on utiliserait si l'on traitait. " J.P.Berlan
L'insecticide
Bt employé jusque là dans l'agriculture conventionnelle et
l'agriculture biologique n'avait pas d'effets secondaires.
Au total
99% des OGM cultivés ont un intérêt mineur, ils sont
lancés sur le marché et brevetés bien avant que les
expériences ne confirment leurs inocuités.
La
nouvelle insulte à la mode: T'as une tête de matière
biologique je vais te balancer mon brevet.
Pour
suivre l'actualité on pourrait dans le prochain CHICHOIS parler
de la ronde autour du status de l'embryon, .....si vous avez un avis sur
la question contactez le Forum de discussion
du CHICHOIS/