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07/01/02
Nous
nous étions proposés dans le dernier chichois de parler aujourd’hui
d’agriculture, en chiffres. En
France :
-
Entre 1946 et 1985 la productivité a été multipliée
par 7,5
-
En 1920 On a utilisé 500 000 tonnes
d’engrais
- A
la fin des années 80 : 6 million de tonnes, la consommation
d’engrais a été multiplié par 12.
Sachant
que la productivité en 1920 est très proche de celle de
1945 ( la modernisation de l’agriculture a démarré après la
2ème guerre mondiale) la consommation d’engrais croit beaucoup
plus vite que la productivité, ce qui est confirmé par les chiffres
depuis les années 80, à cause de l’épuisement des terres.
- -
A la fin du 19ème Siècle: 1 agriculteur pouvait nourrir
2,5 personnes
-
En 1983 1 agriculteur pouvait nourrir
30 personnes
- En
1990 1 agriculteur pouvait nourrir
40 personnes
- En
1900 La moitié de la population est agricole
- En
1946 1/3 de la population est agricole
- En
1955 1/4 de la population est agricole
- En 1962 1/5
de la population est agricole
- En 1992
5% de
la population est agricole
- En
2000 1% seulement de la population vit directement
de
l’agriculture.
-
En 92/93 il y a en France 8 Millions de tonnes
de blé en stock
-
En
1960 1/3 du budget des familles passe dans l’alimentation
-
En
1980 seulement 1/5 du
budget des familles passe dans l’alimentation
Dans
le prix d’un produit alimentaire n’entre que pour 6% la
matière première agricole, plus de 3/4 du prix renvoient
à des services, distribution, transformation.
On
voit ainsi que les progrès de productivité, en 50 ans, ont été fabuleux,
jusqu’à tomber dans l’excès inverse : des surplus énorme dans
tous les domaines, pas seulement le lait mais aussi le blé , la
viande de porc, les volailles …il faut de nouveaux marchés (solvables)
et pour les conquérir il faut baisser les prix c’est à dire
produire
plus pour le même prix. Pour résoudre la saturation des marchés…
Il faut produire encore plus ! utiliser de plus en plus de polluants
: insecticides, herbicides, engrais, antibiotiques pour faire grossir
les animaux etc…de plus en plus car les terres à produire des monocultures
s’épuisent, les vaches à tripler leur production de laits deviennent
folles etc…. On note sans arrêt de nouveaux effets de la pollution
agricole,
les derniers en date concernent les modifications sexuelles chez
les poissons et les bébés hommes, on avait déjà remarqué ( dans
les banques de sperme qui aident à solutionner les infertilités
masculines) une baisse importante de la fertilité masculine
– moins 17% - depuis une vingtaine d’années.
Les
poissons et les bébés mâles de diverses espèces – dont les
humains et quelques autres espèces plus sauvages – supportent très
mal les pesticides, l’équipe du professeur Sultan, au CHU
de Montpellier confirme les études faites
dans
les pays nordiques et en Angleterre faisant état d’une multiplication
par 3 des malformations sexuelles humaines, en 15 ans !
Les
dioxines de l’environnement ne contaminent pas que les vaches et
les poulets mais le lait des femmes comme l’ont montré de
très sérieuses études. La
prévention est ainsi parfois bizarre : on dose les toxiques, les
métaux lourds dans les huîtres, les coquillages parce qu’ils seront
mangés par l’homme et donc risqueraient de le contaminer. Mais d’où
viennent ces métaux lourds ? Ne contaminent ils pas directement
l’homme comme les coquillages ? Pourquoi s’arrêtent -on aux coquillages
? Pourquoi ne pas rechercher ces mêmes toxiques chez l’homme ne
serait ce que d’un point de vue expérimental ? La réponse est :
parce qu’on ne connaît pas les normes supportables, et pourquoi
ne connaît on pas les normes ? Parce qu’on ne pratique pas de dosages
chez l'homme ! .. On
rétorque généralement à ce genre d’argument que nous sommes des
privilégiés de
pouvoir discuter de tout cela le ventre plein, et que c’est de l’égoïsme
de vouloir priver le tiers monde des progrès de la science en dénigrant
les OGM. Les
firmes agro alimentaires, dans leur incommensurable altruisme, se
vantent de faire cadeau du brevet du riz génétiquement enrichi en
vitamine A, au tiers monde ! cela pourra toujours servir de panneau
publicitaire à la firme mais guère à la
santé
des populations, en effet pour assurer la couverture vitaminique
journalière il faudrait en manger 3 à 4 kilogs/jour ! jusqu’alors
qu’elle était la solution ( certes insuffisante ) à la carence en
vitamine A ? C’était
la distribution de capsules de vitammine A, et l’encouragement à
faire des potagers pour avoir des légumes riches en cette vitamine.
Ainsi en 1997 ces capsules ont été distribuées, par des programmes
internationaux, dans 35 des 38 pays où existe encore une carence
en cette vitamine. et dans 27 des 40 pays où cette carence est subclinique.(
source : UNICEF) Coût
des capsules : 0,02 dollar chaque soit 0,20 dollar par dose ( soit
alentour d’1 franc par enfant par an!)
Il
est aussi proposé d’enrichir les denrées comme on le fait pour l’iode
avec le sel. D’autre
part un riz non transgénique a été mis au point , avec infiniment
moins de publicité par l’ADRAO ( association pour le développement
des rizières en Afrique de l’Ouest), on l’appelle riz Nérica, il
provient d’une hybridation à partir d’un riz asiatique très performant
par sa productivité, et d’un riz local très résistant à la sécheresse.
Les propriétés de Nérica sont d’arriver à maturité en 90 jours
au lieu de 120 ou 150 . Il est résistant aux insectes. Les rendements
sont particulièrement élevés : 3 T / hectare, ne nécessitant
ni engrais ni irrigation ;
Si
le monde développé croule sous les stocks d’une inquiétante surproduction
et doit faire appelle au patriotisme des consommateurs : gavez vous
encore et encore pour éviter la récession, pour nous sauver d’une
crise mondiale, pendant ce temps le tiers monde coincé entre guerre,
famine et déstructuration sociale a chaque année le même nombre
d’affamés. Et
ce n’est pas seulement parce qu’il manque de technique, donnons
là aussi quelques chiffres : La
dette des différents pays , par les intérêts du prêt, ne cesse de
croître : (source
UNICEF1998) Le service de la dette en % des exportations de biens
et de service du pays débiteur, entre 1970 et 1995 :
- Le
Bénin est passé de 2 % à 13%,
Le
Camerounest passé de 3 % à 17%, Costa
rica est passé de 10 % à 15%,
Honduras
est passé de 3 % à 32 %, etc....................
La
Banque Mondiale et le FMI chargés d’impulser et de surveiller
la restructuration de ces pays, c’est à dire leur inscription
dans les marchés, fait naître des résultats surprenant pour
qui prétend aider et montrer le chemin : un exemple entre autre :
en Ethiopie lors de la famine de 1984, les meilleures terres
étaient cultivées à des fins industrielles et les récoltes destinées
au bétail d’Europe.
Toute
critique sociale finit par ressembler à une longue liste de « yaka
», et ne pas prendre en compte l’homme tel qu’il est avec ses défauts,
son égoïsme. Le libéralisme a trouver la solution : les égoïsmes
de chaque citoyen concourent sans le
vouloir au bien collectif, ce qui est terriblement séduisant mais
à y regarder de plus près est ce si sûr ?
Géronime
Glasgow

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