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Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N° 28 |

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26/11/01

Alexandrium

Cette algue responsable de l'arrêt des ventes des coquillages de l'Etang de Thau est apparue en Bretagne nord en 1988, elle n'est toxique qu'à forte dose. Alexandrium et Pyrodinium (espèces très proches) sont actuellement parmi les pires fléaux issus du monde marin. ils possèdent des neurotoxines puissantes qui s’accumulent dans les bivalves et agissent sur l’homme en bloquant le transfert du sodium, ce qui provoque des paralysies. Ils sont donc préjudiciables à tout commerce de coquillages comme c'est actuellement le cas dans notre région.

Alexandrium a la particularité de former des kystes de résistance dès que les conditions environnementales ne lui conviennent plus, ces kystes tombent dans la vase, et leur répartition suit celle des particules sédimentaires fines. Le désenkystement lorsque les conditions deviennent favorables (réchauffement) provoquent leur développement rapide. Ces algues pourraient, d'après les chercheurs de l'IFREMER, provenir de l'eau des ballasts des navires. Lorsque l'eau est rejetée, une algue provenant d'autres régions du monde peut trouver des conditions favorables et dans ce cas elle se développe si vite qu'on dit qu'elle explose! Ce phénomène est maintes fois observé pour différentes espèces animales ou végétales.

De nos jours, l’architecture des bateaux ne leur permet pas de naviguer à vide. Pour cette raison, le lestage des navires se fait à l’eau de mer, avec un système de ballast. Les rejets d’eaux de ballast augmentent dans le plupart des ports du monde. Compte tenu des volumes considérables qu’ils représentent parfois ainsi que du temps de transit raccourci des navires, la probabilité d’une introduction réussie d’espèces animales ou végétales exotiques indésirables a toutes les chances d’augmenter. Les navires sont maintenant reconnus comme principaux responsables dans l’introduction d’organismes non indigènes d’une région du monde à une autre.

En général le ballastage ( remplissage en eau des ballasts) s'effectue pour les petits vraquiers en pompant de l’eau dans des ports peu profonds et cette eau est chargée en sédiments. Par contre les gros vraquiers s’alimentent dans des ports plus profonds. Le sédiment accumulé dans les ballasts -- on trouve entre 5 et 10 cm d’épaisseur de sédiment, dans les ballasts de fond principalement, sont une des occasions de transport vers d’autres pays ou continents d’organismes vivantes (animaux : vers, mollusques, crustacés, poissons. Végétaux : macroalgues, phytoplancton, Bactéries, virus) dont certains sont indésirables, toxiques ou pathogènes -- Alexandrium catenella, Alexandrium. minutum, Alexandrium. tamarense.

Les risques liés au déballastage ( vidage des ballast) dans les ports. C’est lorsqu’un organisme se trouve dans les eaux d’un port en formant un “bloom” qu’il peut éventuellement s’enkyster. Alexandrium croît relativement vite, il lui faut au minimum deux jours dans les meilleures conditions pour se diviser ou pour se désenkyster, Alexandrium maintient sa présence sous forme de kystes dans les sédiments. Ces kystes peuvent être entraînés vers de nouvelles eaux et germer quand les conditions du milieu sont de nouveau favorables. Cet épisode est important puisqu’il permet que cette algue contamine d’autres eaux ou bien sédimente en partie dans une zone qui, par la suite, est considérée comme zone à risque. Les kystes d’Alexandrium, Gymnodinium catenatum et Pyrodinium bahamense peuvent rester viables pendant 10 à 20 ans . Le problème réside également dans le fait que les kystes pourraient être plus toxiques que les cellules végétatives. Ainsi, les chercheurs américains ont découvert que les kystes d’Alexandrium tamarense étaient dix fois plus toxiques que les cellules libres.

Une technique, à priori peu coûteuse, de désinfection des ballast serait mise en oeuvre durant les trajets, puisque l’on utiliserait l’excédent de chaleur produit par les moteurs du navire. L’expérience effectuée par les australiens sur le vraquier Iron Whyalla a montré que la meilleure manière d’utiliser cette chaleur excédentaire serait de chasser l’eau chauffée à 450C à travers les ballasts tout en laissant repartir le trop-plein. Le résultat semble prometteur quant à la disparition de nombreux dinoflagellés et leurs kystes. Les navires nouvellement construits pourraient ainsi être équipés d’échangeurs de chaleur.

Devant la complexité des contaminations suspectées, une attention accrue devra être accordée à cette algue. En effet la tendance est à l’extension des apparitions.

Louis Ernesto / d'après documentation Ifremer, Sea River

 

   
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