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Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N°27|

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12/11/01

Toujours dans l'esprit de la commémoration de l'armistice de 1918 ce Dimanche 11 Novembre, deux courts rappels historiques:

L'entrée en guerre des USA dans le premier conflit Mondial

 

Jusqu'à la première guerre mondiale, rester en dehors des querelles européennes fut une tradition chère aux Américains et ceci se conçoit aisément si l'on sait que, dans leur grande masse, ils étaient à parts à peu près égales, originaires des pays germaniques, latins, slaves, scandinaves et britanniques : dans une nation organisée dont les éléments constitutifs venaient d'horizons ethniques et culturels si divers et dont le business était la seule préoccupation commune, il n'y avait alors pas d'autre moyen de sauver l'unité politique indispensable à la prospérité des affaires *.

Cette tradition était si profondément ancrée dans l'opinion qu'ayant annoncé par voie de presse (3 août 1914) que les États-Unis resteraient neutres dans le conflit qui venait d'éclater entre les empires centraux (Autriche-Hongrie, Allemagne) et l'Entente (Russie, France, Angleterre), puis demandé à ses compatriotes (19 août) « de respecter scrupuleusement cette neutralité, de réfréner même me lès sympathies qui attachaient beaucoup d'entre eux à leur pays d'origine », le président Thomas Woodrow Wilson fut unanimement approuvé et qu'un essai de mise sur pied d'une campagne en faveur de l'entrée en guerre des États-Unis aux côtés de l'Entente par l'ancien président Théodore Roosevelt tourna court très rapidement, les industriels et les banquiers du Parti républicain s'étant refusés à la soutenir.

Démocrates ou Républicains, d'origine slave, germanique, britannique ou latine mais hommes d'affaires avant tout, les industriels et les banquiers américains étaient en effet unanimes sur ce point : la neutralité dont ils espéraient qu'elle leur permettrait de vendre indifféremment aux belligérants des deux clans, ne pouvait manquer dêtre plus payante que l'entrée en guerre qui ne leur permettrait de vendre qu'à ceux du clan aux côtés duquel les États-Unis seraient rangés.

Le 3 septembre 1916 pourtant, ouvrant la campagne des élections présidentielles qui devaient avoir lieu en novembre, le président Wilson déclara lui-même : « C'en est fait de notre provincialisme traditionnel. Que nous le voulions ou non, nous aurons un rôle directeur à jouer dans le drame mondial. » Bien que cette formule ne fût pas davantage précisée par son contexte, le ton général de ce discours permettait encore de penser que ce qu'il entendait par « rôle directeur » c'était un « rôle d'arbitre » et, de fait, la suite prouva qu'il en était bien ainsi : réélu par 9.116.000 voix contre 8.547.000 au candidat du Parti républicain qui avait, entre temps, retrouvé son unité - précisément sur la nécessité pour les États-Unis d'entrer en guerre aux côtés de l'Entente - son premier soin fut, le 22 décembre 1916, de demander aux deux coalitions adverses de leur faire connaître leurs buts de guerre.

Et, le 21 janvier 1917, il vint encore lire au Sénat, un message qui prônait la constitution d'une Société des Nations pour assurer la paix du monde, qui réclamait une réduction générale des armements la paix revenue, la liberté des mers et, pour mettre fin au conflit en cours, une paix sans vainqueurs, ni vaincus ».

Mais c'est à son initiative et sur sa proposition que le 3 février, moins de quinze jours après, la Cour suprême et le congrès réunis en assemblée solennelle à cet effet décidèrent, par acclamations et dans l'enthousiasme, de rompre les relations diplomatiques avec l'Allemagne puis, le 2 avril suivant, de lui déclarer la guerre.

Et c'est ainsi que, le 6 avril 1917, les États-Unis se trouvèrent officiellement en état de guerre avec les Empires centraux.

 

Le blocus économique allié et le blocage du port de Sète

Les petits neutres souffrirent beaucoup de cette décision des Alliés du 2 juin 1916 qu'ils furent cependant obligés d'accepter pour sauver au maximum leur vie économique : pour obtenir de l'Angleterre le charbon nécessaire à ses verreries que l'Allemagne ­ obligée de faire face aux besoins de toute l'Europe centrale, de son industrie de guerre et de la Suisse d'où lui venaient ses produits laitiers ­ ne pouvait lui livrer, et l'étain nécessaire à la fabrication des boîtes de ses usines de conserves de poisson, la Suède dut promettre de ne pas en donner à ceux de ses industriels qui continueraient à livrer soit du lait en bouteilles, soit des conserves à l'Allemagne.

Ce fut la Suisse qui se trouva dans la situation la plus difficile : en date du 29 septembre 1916, elle avait passé avec l'Allemagne un accord d'échange de bétail et de produits laitiers contre 253.000 tonnes mensuelles de charbon dont les Alliés prirent prétexte pour lui demander de leur vendre, à eux aussi, les mêmes quantités de bétail et de produits laitiers. Et comme elle ne le pouvait, de toute évidence, pas, le gouvernement fédéral ayant décliné l'offre le 17 novembre, les Alliés rétorquèrent par le quasi-blocage de tout ce qui lui venait de l'extérieur par le port de Sète, commercialement franco-suisse par convention. En vertu de quoi, pour obtenir le déblocage du port de Sète, la Suisse fut bien obligée de revenir progressivement sur son accord commercial avec l'Allemagne.

Louis Ernesto

 

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