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Y
A T IL UNE SORTIE DE LA GRANDE SECTE ? (suite
du CHICHOIS 23
) .
L'explosion
continue de la démographie et son corollaire la famine, laquelle
ne pouvant être traités que par les OGM.
Le
développement du nucléaire.
L'
incessante progression technique, oublieuse de ses déchets à
progression elle aussi exponentielle.
L'évolution
économique vers une mondialisation libérale.
Toutes
ces évolutions sont présentées, aujourd'hui, comme
inéluctables, incontournables selon l'expression à la mode..
Le
discours libéral enclos notre monde, sans brèche aucune.
Ceux qui portent ce discours sont estampillés : sérieux,
responsables, productifs, réalistes, rigoureux, progressistes,
A l'opposé
ceux qui tentent d'articuler une autre position ne sont que des barbares
rétrogrades, des primitifs peureux, des simplets laissés
pour compte par la comète " Raison ", des imbéciles qui n'ont
pas les outils conceptuels pour se faire une place dans notre glorieuse
civilisation, pour résumer : des rigolos sans connaissance.
Il est difficile d'exposer une véritable controverse, de sortir
de l'impasse des jugements à l'emporte pièce, plus
émotifs que rationnels, et bizarrement ce sont ceux qui s'appuient
sur LA science officielle, sur les Lois du Marché qui semblent résister
le moins à la rage devant toute contradiction. Toute critique est
dénoncée comme venant des adversaires du progrès de
la Raison.
Sortons
un peu de ce manichéisme.
Le
discours dominant nous pensons le connaître, nous connaissons aussi
l'économie - en tout cas ses résultats en terme de chômage,
de répartition des richesses, mais aussi de relatives commodité
de vie - dans laquelle nous vivons très majoritairement.
En
dehors n'y a t il que de vaines critiques ? que des velléités
d'action ? Tentons un rapide état des lieux .
Les
dernières mobilisations regroupant différents acteurs économiques
autour d'une réflexion nouvelle montrent qu'Il existe tout d'abord
une réelle envie de comprendre, de décrypter ce discours
dominant et les événements économiques et politiques
au lieu de s'enfoncer dans l'impuissance et le renoncement à nos
droits et devoirs de citoyen.
Volonté
de comprendre ce qui semble être le grand tabou de notre époque,
la boite noire : le fonctionnement économique et les irréductibles,
les souveraines " lois du marché " signant l'économie naturelle
comme on parle des lois naturelles.
Une
très bonne entrée en matière est donnée par
des universitaires, économistes, membres du comité scientifique
de l'association Attac. Ils ont publié une dizaine de titres, à
la fois rigoureux et simples, dans la collection "mille et une nuit".
On
ne va pas les résumer ici, mais déjà essayer de donner
les directions dégagées.
Il
s'agit d'abord de révéler les causes de la toute puissance
financière, celle ci n'est pas l'évolution obligée
de l'économie capitaliste - telle qu'elle existait jusqu'aux début
des années 80 - même si elle en est la pente savonneuse, le
dérapage le plus facile.
Bien
sur l'économie capitaliste évolue vers toujours plus de profit
et jusque là s'est toujours sortie - mais pas tous ses acteurs -
de ses crises et de ses morts annoncées.
La
surpuissance de la finance internationale ( dictant ses lois aux états
) est advenue par décision politique poussée par les firmes
multinationales, .Depuis la deuxième partie du 20ème siècle
Il y eut des vagues successives "d'adaptation " : dans les années
60 sont mises en place les stratégies de " rationalisation " ! c'est
à dire la délocalisation d'activité vers les pays
à faible coût de main d'œuvre, en particulier les segments
de production exigeant une importante main d'œuvre sont installés
dans des zones à bas salaire et les segments de production à
forte intensité énergétique vers les pays où
l'énergie est bon marché etc…
Dans
les années 80 se sont mis en place les stratégies " techno
- financières " : la spéculation sur les marchés financier
et la maîtrise des technologies " nouvelles ", aidées par
une politique de libéralisation vont amener de plus en plus de concentrations
industrielles et financières. Ainsi dans le monde, en 98, les fusions
et acquisitions ont augmenté de 50% par rapport à 97 et pour
le premier semestre 99 l'augmentation était de 68%.
Les
décisions politiques ce sont les politiques de libéralisation
c'est à dire privatiser les secteurs publiques et de réseaux
( (communication , eau, EDF etc…) , " déreglementer " les échanges
de marchandises et de capitaux . Cette libéralisation mise sur une
régulation par les marchés, particulièrement les marchés
financiers. Elle a commencée dans l'Amérique de Reagan ,s'est
étendue à l'Europe et a fabriqué une structure mondiale
grâce à :l' OMC, le FMI, la BC,, l'OCDE.
La
cotation en bourse en continu, date de juillet 87 c'est le fameux CAC.
La
fiscalité devient de plus en plus avantageuse pour les détenteurs
de titres financiers, au long des années 80.
Les
stock options font leur apparition.
En
89 le contrôle du taux des changes est supprimé.
En
90 est autorisé la libre circulation des capitaux dans la CEE.
En
quoi la ' financiarisation ' des entreprises,
et la spéculation sont elles nuisibles ?
Les
états ne peuvent réguler leur monnaie que dans le cadre de
leur frontières nationales, d'autre part en libéralisant
les opérations monaitaires les états se sont délibérément
privés d'instruments de contrôle.
Le
marché des changes est un marché totalement libéralisé
- aucun contrôle - et le plus grand marché existant.
Par
ailleurs on assiste à la montée en puissance de grands acteurs
privés multinationaux dont l'espace d'intervention est supranational
et qui sont de ce fait dans une situation de superiorité stratégique
par rapport aux autorité monétaires nationales. Des économistes
qualifient ce processus de " privatisation " de la gestion des monnaies,
laquelle relevait ,il y a encore peu de temps, de la régulation
monétaire publique.
La
spéculation consiste à rechercher des gains sous forme de
plus value, en pariant sur la valeur future des biens réels ou des
actifs financiers.
L'une
des formes principales de spéculation concerne les monnaies, elle
consiste à vendre une monnaie puis à la racheter à
bas prix ( opération répétée plusieurs fois
dans la journée) permettant ainsi d'empocher un profit. Le problème,
est que cette façon de faire, à grande échelle, peut
- et a déjà souvent - provoqué l'effondrement d'une
monnaie, ruinant un pays, souvent l'un des pays émergents, mais
aussi elle est à l'origine de toutes les dernières crises
financières : la crise des années 30, le krach boursier de
87.
Le
risque est donc grand de déstabilisation de l'économie, et
cela pour quel avantage ? Aucun si ce n'est celui du spéculateur,
car les opérations spéculatives n'ont pas de lien direct
avec le fonctionnement de l'appareil productif, elles sont de nature purement
monétaire, ne produisent pas de richesse effectives. La spéculation
se traduit par un divorce entre la sphère monétaire et la
sphère réelle de l'économie.
En
bref quelles solutions peuvent être envisagées : Réintroduire
une régulation étatique, pénaliser la spéculation
et non l'économie productive. Lutter contre les caches financières
- paradis fiscaux, lever du secret bancaire, traçage des opérations
financières.
Et
comble de l'ironie, W Bush a l'air d'accord avec ces solutions - à
l'encontre de Ben Laden tout du moins. Comme quoi l'autonomisation totale
des marchés financiers est nocif tant au capitalisme qu'à
la démocratie.
La
toute puissance de l'argent mafieux et donc terroriste devient trop visible
actuellement, on essaye d'y mettre une couverture religieuse, ou " rationnelle
" mais ça dépasse de partout. Et la démesure de ce
système apparaît.
Si
on veut lutter contre la prédominance économico - financière
faisons pression sur les gouvernements, et renonçons aux intérêts
faramineux - 15% - qui sont maintenant présentés comme normaux,
alors que la croissance économique tourne autour de 3% .( La " création
de valeur " pour les actionnaires constitue l'objectif fondamental de gestion
fixée par les fonds de pension lorsqu'ils sont actionnaires d'une
firme multinationale).
Le
magasine Alternative Economique a édité un hors série
- N°6 - sur les placements éthiques. Dans le mensuel voisinent
à chaque parution des analyses économiques et des initiatives
alternatives et solidaires.
N'oublions
pas l'autre mensuel porteur d'analyses économiques critiques : le
Monde Diplomatique.
On
se quitte en espérant que vous ne serez pas d'accord avec ce bref
aperçu et qu'ainsi une controverse pourra s'instaurer sur le forum.
Géronime
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