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Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N°24|

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Y A T IL UNE SORTIE DE LA GRANDE SECTE ? (suite du CHICHOIS 23 ) . 

L'explosion continue de la démographie et son corollaire la famine, laquelle ne pouvant être traités que par les OGM.
Le développement du nucléaire. 
L' incessante progression technique, oublieuse de ses déchets à progression elle aussi exponentielle.
L'évolution économique vers une mondialisation libérale.
Toutes ces évolutions sont présentées, aujourd'hui, comme inéluctables, incontournables selon l'expression à la mode..
Le discours libéral enclos notre monde, sans brèche aucune. Ceux qui portent ce discours sont estampillés : sérieux, responsables, productifs, réalistes, rigoureux, progressistes, 
A l'opposé ceux qui tentent d'articuler une autre position ne sont que des barbares rétrogrades, des primitifs peureux, des simplets laissés pour compte par la comète " Raison ", des imbéciles qui n'ont pas les outils conceptuels pour se faire une place dans notre glorieuse civilisation, pour résumer : des rigolos sans connaissance.  Il est difficile d'exposer une véritable controverse, de sortir de  l'impasse des jugements à l'emporte pièce, plus émotifs que rationnels, et bizarrement ce sont ceux qui s'appuient sur LA science officielle, sur les Lois du Marché qui semblent résister le moins à la rage devant toute contradiction. Toute critique est dénoncée comme venant des adversaires du progrès de la Raison.
Sortons un peu de ce manichéisme.
Le discours dominant nous pensons le connaître, nous connaissons aussi l'économie - en tout cas ses résultats en terme de chômage, de répartition des richesses, mais aussi de relatives commodité de vie - dans laquelle nous vivons très majoritairement.

 En dehors n'y a t il que de vaines critiques ? que des velléités d'action ? Tentons un rapide état des lieux .
Les dernières mobilisations regroupant différents acteurs économiques autour d'une réflexion nouvelle montrent qu'Il existe tout d'abord une réelle envie de comprendre, de décrypter ce discours dominant et les événements économiques et politiques au lieu de s'enfoncer dans l'impuissance et le renoncement à nos droits et devoirs de citoyen. 
Volonté de comprendre ce qui semble être le grand tabou de notre époque, la boite noire : le fonctionnement économique et les irréductibles, les souveraines " lois du marché " signant l'économie naturelle comme on parle des lois naturelles. 
Une très bonne entrée en matière est donnée par des universitaires, économistes, membres du comité scientifique de l'association Attac. Ils ont publié une dizaine de titres, à la fois rigoureux et simples, dans la collection "mille et une nuit"
On ne va pas les résumer ici, mais déjà essayer de donner les directions dégagées. 
Il s'agit d'abord de révéler les causes de la toute puissance financière, celle ci n'est pas l'évolution obligée de l'économie capitaliste - telle qu'elle existait jusqu'aux début des années 80 - même si elle en est la pente savonneuse, le dérapage le plus facile.
Bien sur l'économie capitaliste évolue vers toujours plus de profit et jusque là s'est toujours sortie - mais pas tous ses acteurs - de ses crises et de ses morts annoncées.
La surpuissance de la finance internationale ( dictant ses lois aux états ) est advenue par décision politique poussée par les firmes multinationales, .Depuis la deuxième partie du 20ème siècle Il y eut des vagues successives "d'adaptation " : dans les années 60 sont mises en place les stratégies de " rationalisation " ! c'est à dire la délocalisation d'activité vers les pays à faible coût de main d'œuvre, en particulier les segments de production exigeant une importante main d'œuvre sont installés dans des zones à bas salaire et les segments de production à forte intensité énergétique vers les pays où l'énergie est bon marché etc…
Dans les années 80 se sont mis en place les stratégies " techno - financières " : la spéculation sur les marchés financier et la maîtrise des technologies " nouvelles ", aidées par une politique de libéralisation vont amener de plus en plus de concentrations industrielles et financières. Ainsi dans le monde, en 98, les fusions et acquisitions ont augmenté de 50% par rapport à 97 et pour le premier semestre 99 l'augmentation était de 68%. 
Les décisions politiques ce sont les politiques de libéralisation c'est à dire privatiser les secteurs publiques et de réseaux ( (communication , eau, EDF etc…) , " déreglementer " les échanges de marchandises et de capitaux . Cette libéralisation mise sur une régulation par les marchés, particulièrement les marchés financiers. Elle a commencée dans l'Amérique de Reagan ,s'est étendue à l'Europe et a fabriqué une structure mondiale grâce à :l' OMC, le FMI, la BC,, l'OCDE.
La cotation en bourse en continu, date de juillet 87 c'est le fameux CAC. 
La fiscalité devient de plus en plus avantageuse pour les détenteurs de titres financiers, au long des années 80.
Les stock options font leur apparition.
En 89 le contrôle du taux des changes est supprimé. 
En 90 est autorisé la libre circulation des capitaux dans la CEE. 

En quoi la ' financiarisation ' des entreprises, et la spéculation sont elles nuisibles ? 
Les états ne peuvent réguler leur monnaie que dans le cadre de leur frontières nationales, d'autre part en libéralisant les opérations monaitaires les états se sont délibérément privés d'instruments de contrôle.
Le marché des changes est un marché totalement libéralisé - aucun contrôle - et le plus grand marché existant.
Par ailleurs on assiste à la montée en puissance de grands acteurs privés multinationaux dont l'espace d'intervention est supranational et qui sont de ce fait dans une situation de superiorité stratégique par rapport aux autorité monétaires nationales. Des économistes qualifient ce processus de " privatisation " de la gestion des monnaies, laquelle relevait ,il y a encore peu de temps, de la régulation monétaire publique. 
La spéculation consiste à rechercher des gains sous forme de plus value, en pariant sur la valeur future des biens réels ou des actifs financiers. 
L'une des formes principales de spéculation concerne les monnaies, elle consiste à vendre une monnaie puis à la racheter à bas prix ( opération répétée plusieurs fois dans la journée) permettant ainsi d'empocher un profit. Le problème, est que cette façon de faire, à grande échelle, peut - et a déjà souvent - provoqué l'effondrement d'une monnaie, ruinant un pays, souvent l'un des pays émergents, mais aussi elle est à l'origine de toutes les dernières crises financières : la crise des années 30, le krach boursier de 87.
Le risque est donc grand de déstabilisation de l'économie, et cela pour quel avantage ? Aucun si ce n'est celui du spéculateur, car les opérations spéculatives n'ont pas de lien direct avec le fonctionnement de l'appareil productif, elles sont de nature purement monétaire, ne produisent pas de richesse effectives. La spéculation se traduit par un divorce entre la sphère monétaire et la sphère réelle de l'économie. 
En bref quelles solutions peuvent être envisagées : Réintroduire une régulation étatique, pénaliser la spéculation et non l'économie productive. Lutter contre les caches financières - paradis fiscaux, lever du secret bancaire, traçage des opérations financières. 
Et comble de l'ironie, W Bush a l'air d'accord avec ces solutions - à l'encontre de Ben Laden tout du moins. Comme quoi l'autonomisation totale des marchés financiers est nocif tant au capitalisme qu'à la démocratie. 
La toute puissance de l'argent mafieux et donc terroriste devient trop visible actuellement, on essaye d'y mettre une couverture religieuse, ou " rationnelle " mais ça dépasse de partout. Et la démesure de ce système apparaît.
Si on veut lutter contre la prédominance économico - financière faisons pression sur les gouvernements, et renonçons aux intérêts faramineux - 15% - qui sont maintenant présentés comme normaux, alors que la croissance économique tourne autour de 3% .( La " création de valeur " pour les actionnaires constitue l'objectif fondamental de gestion fixée par les fonds de pension lorsqu'ils sont actionnaires d'une firme multinationale).
Le magasine Alternative Economique a édité un hors série - N°6 - sur les placements éthiques. Dans le mensuel voisinent à chaque parution des analyses économiques et des initiatives alternatives et solidaires.
N'oublions pas l'autre mensuel porteur d'analyses économiques critiques : le Monde Diplomatique. 
On se quitte en espérant que vous ne serez pas d'accord avec ce bref aperçu et qu'ainsi une controverse pourra s'instaurer sur le forum. 

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