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Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N° 24 |

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Histoire

Le 25 septembre dernier, conformément aux vœux du président de la République, un hommage solennel a été rendu aux Harkis, fores supplétives de l'Armée française durant la guerre d'Algérie. Le département de l'Hérault, entre autres, a été choisi en raison d'une forte communauté " harbie " à Béziers, Lodève et Montpellier.

Depuis plusieurs années, les médias citent les Harkis, divers débats ont été organisés. Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, à l'Assemblée nationale, a utilisé le mot de " collaborateur " pour désigner les Harkis, provoquant, par là-même, le colère d'association d'anciens combattants et de rapatriés. Cà et là, quelques mouvements de jeunes Harkis et, récemment, une grève de la faim à Paris figurent dans les pages de quotidiens sous forme de bréves. En août 2 001 ,un collectif de Harkis s'est rendu au Palais de justice de Paris pour y déposer plainte contre l'Etat français pour " crimes contre l'humanité et non assistance à personnes en danger ".

Mais qui sont ces Harkis ? Pour y répondre, qu'il soit permis de citer les ouvrages du général Maurice Faivre (", notamment Les combattants musulmans " écrit en 1998), ceux de Georges Fleury et d'anciens officiers, chefs de harkas ou d'anciens Harkis. Le général Faivre a rappelé que, dès 1798, le général Bonaparte a incorporé cavaliers et mameluks, lesquels ont combattu à Austerlitz et waterloo.

Dès la conquête de l'Algérie (1830), sont constituées des unités de Spahis, Tirailleurs, Méharistes et de formations supplétives (Mokhaznis, goumiers). Dès 1912 ; ces soldats vont participer aux guerres du XXe siècle. En Algérie, en appui des troupes régulières, les Harkis et autres supplétifs ont été utilisés, au mieux pour leurs connaissances du terrain et des populations locales. Pour mémoire, un des premiers groupe d'auto-défense a été créé dès la Toussaint rouge (âgés de 18 à 68 ans). En plus de cette harka, on trouve les maghzen, chargés de la protection des Sections administratives spécialisées (Sas) qui dépendent des Affaires intérieures : les Groupes mobiles de protection rurale (GMPR) et les Groupes mobiles de sécurité (GMS) dépendant de l'autorité civile, les Groupes d'auto-défense (Gad) pour la défense des villages du Bled. Des commandos musulmans ont été créés par des officiers nostalgiques et ceux de l'Indochine.

La Demi-brigade de fusiliers marins (DBFM) en a compté plusieurs et se répartis dans l'Oranie, entre Nemours et la frontière marocaine. Le général Bigeard est à l'origine de la création de deux célèbres commandos (Cobra et Georges) avec cadres européens et supplétifs d'origine nord africaine (dont 30% de rebelles alliés). Selon Bigeard, " Le bilan opérationnel est éloquent : 1000 rebelles abattus, 26 Médailles Militaires et 398 citations ". L'efficacité au combat est prouvée par leurs pertes, où 2 500 supplétifs et 2 000 soldats réguliers ont trouvé la mort. (Les Français de souche eurent 9 000 tués ; les légionnaires : 1500).

De janvier 1961 à l'été de la même année, ont circulé diverses rumeurs. De plus ,la situation politique en Algérie a entraîné un complot de généraux appelé " Putsch ", des arrestations d'officiers supérieurs et dissolution de régiments de légionnaires ou de parachutistes. Le gouvernement a décidé la réduction des Harkis et des Gad et de civiliser les Sas. Aux Accords d'Evian du 18 mars 1962, " Les deux parties s'engagent à interdire tout recours aux actes de violence collective et individuelle… " La majorité des combattants ont fait confiance à ces garanties. En fonction de l'âge, il a été mis fin aux différents contrats et a été proposé l'intégration dans les unités régulières avec leur grade (25 mars 62). 90% des Harkis ont choisi le retour à la vie civile sur place et ont été désarmés. Le 29 mars, 4 chefs du commando Georges ont été nommés sous lieutenant d'active à compter du 1er avril 1962. Les épaulettes d'officier leur ont été remises au cours d'une cérémonie. Ces derniers officiers, confiants dans les promesses du Front de libération nationale (FLN), ont tenté de le rejoindre mais ont été massacrés.

Des officiers français, malgré les directives gouvernementales, ont tenté d'embarquer les commandos au complet mais n'y son pas parvenus ! Les 1ers Harkis ont été enlevés et assassinés dès le cessez le feu. De juillet à septembre 1962, les massacres se sont étendus à toute l'Algérie, accompagnés de supplices horribles. Les familles de ces combattants n'ont pas été épargnées. Il est difficile de procéder à une évaluation de ces massacres mais il apparaît que près de 150 000 combattants ont été victimes !

En métropole, seuls 15 à 20 000 survivants ont été comptabilisés avec leur famille. 90 000 personnes ont été rapatriées. Jusqu'en 1970, 1 330 supplétifs ont été arrachés des geôles du FLN. Ils ont été parqués dans des camps (Larzac, Bourg-Lastic, Rivesaltes et Saint Maurice l'Ardoise) et divers emplois dans les Offices forestiers leur ont été proposés.

Les fils de ces Harkis crient leur désespoir de ne pas avoir la reconnaissance de la nationalité françaises acquise par leurs parents par…le sang versé. Diverses lois ont été prises pour tenter d'améliorer le sort de ces anciens combattants et de leur famille (ex : loi Aubry/1999). Une vignette postale a même été éditée " soldats de France " afin de faire connaître ces hommes. La loi du 11 juillet 1994, dans son article 1er, stipule : " La République française témoigne de sa reconnaissance envers les rapatriés, anciens membres de formations supplétives et assimilées ou victimes de la captivité en Algérie pour les sacrifices qu'ils ont consentis." Les cérémonies du 25 septembre à Paris, à Montpellier…, avec le dévoilement de plaques relatant ledit article, devraient y contribuer.

Edouard MARCEAU

   
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