| Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N°2| |
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Histoire des sciences .- suite du N°1 Encore un petit tour en Grèce antique. Après tout, cela nous concerne directement , tant historiquement que géographiquement. On parle encore de nos jours pour des raisons économiques ou culturelles - de l'ensemble des pays du bassin méditerranéen. Pour ce qui est du temps, rendons nous dans le berceau de la philosophie et de la physique , six ou sept siècles avant J.C. sur la cote Ionienne. ( au milieu de la cote d'Asie mineure). La Grèce antique était
beaucoup plus importante, par le rayonnement de sa civilisation et par
son étendue territoriale ( Espagne, sud de la France, Italie, Grèce,
asie mineure, Afrique du nord) que la Grèce actuelle.
Mais en y regardant de plus près, historiens et philosophes modernes ont commencé à remettre en question cette idée de discontinuité radicale entre mythe et raison. Ils ont suggéré que la première philosophie Grecque( qui s'occupaient aussi de physique) aurait eu des ancêtres, qui ne seraient autres, bien sur, que les mythes et les rituels. La physique Ionienne n'aurait fait autre chose - mais ce petit pas de coté aura des conséquences très spécifiques et importantes -que transposer dans une forme laïcisée et sur le plan d'une pensée abstraite le système de représentation que la religion a élaboré. Les cosmologies ( ce que nous appelons l'astronomie) des premiers physiciens prolongerait directement les mythes cosmogoniques (mythe de création du monde). Les deux, cosmologie et cosmogonie, veulent apporter une réponse au même type de question : Comment un monde ordonné a t il pu émerger du chaos ? Quelle est l'origine de toute chose ? Les philosophes que l'on appellera les présocratiques (ils ont précédé Socrate, lequel vécu au IV sc. Av J.C) cherchaient de quoi était fait le monde, de quel élément primordial ( feu, eau., " illimité ", vent…) il provenait. Ces " éléments - principe " ont à voir avec les puissances actives animées et impérissables du mythe - que nous avons rencontré dans le précédent numéro : " Abîme ", " Typhon ", " Terre " - mais ce ne sera plus, pour ces philosophes, des Dieux individualisés, ils vont devenir des éléments matériels puis des concepts abstraits sur lesquels la spéculation philosophique pourra s'en donner à cœur joie, formant à partir d'eux des constructions logiques qui s'opposent les unes aux autres.- à travers les " disputes " des différentes écoles de philosophes. Et c'est là l'extraordinaire nouveauté de la philosophie naturelle des Grecs anciens, leur audace créatrice. Déjà dans un passage du poème d'Hésiode le récit de la création de l'ordre se présente dépouillé de toute imagerie mythique et les noms des protagonistes révèlent le caractère naturel du processus qui aboutit à l'organisation du cosmos :Abîme, Lumière du jour, Ciel étoilé, Terre etc. Dans le mythe ils sont tout d'abord, engendrés par séparation de ce qui était uni. Puis arrive Eros, le principe qui unit les contraires. Une même structure de pensée sert de modèle à toute la physique ionienne et au mythe. La logique du récit mythique révèle successivement : 1/ l'Indistinction, le chaos initial où rien n'apparaît 2/ De là émergent les paires d'opposés 3/ lesquels opposés s'unissent et interagissent chacun l'emportant tour à tour sur les autres selon un cycle indéfiniment recommencé décrivant le monde naturel. Mais en quoi la philosophie cesse d'être le mythe ?. Dans la Théogonie d'Hésiode, on a vu le combat de Zeus contre Typhon pour le titre de roi des Dieux. La logique du mythe joue sur l'ambiguïté : enfantement divin/ fait naturel, de plus Nature et société sont alors confondus dans la personne du roi. Cette nature lorsqu'elle sera coupée de son arrière plan mythique, par les philosophes qui annoncent la naissance de la raison, devient elle même problème et objet d'une discussion rationnelle. Les forces telluriques sont séparés de l'image du Roi- Dieu, elles cessent d'être intelligible dans le langage du mythe et se présentent alors comme des questions sur lesquels la discussion est ouverte. Le problème de la génésis - la génération successive ou concomitante des Dieux représentant les forces naturelles - le problème du devenir, du changement, de la " corruption " comme l'appelle Aristote, devra être contourné, il sera la bête noire des philosophes. Le moyen du détour sera de chercher une méthode qui mette en valeur exclusive le stable, le permanent, l'identique, par delà le changement. Les philosophes-physiciens feront appel, de plus en plus pour rendre raison des changements dans le cosmos aux modèles issus de l'ingéniosité des hommes sans référence a la vie des animaux ou des plantes. Ils verront une structure permanente de la matière, là où d'autres voyaient - et verront - des changements qu'engendrent le dynamisme vital. Les éléments n'auront plus entre eux que des différences quantitatives au lieu de lutte entre contraires qualitatifs. Le monde se vide peu à peu du divin .Mais une autre question se profile qui fera souvent appelle par la suite, à une force divine plus ou moins déguisée sous différents noms : l'être, l'Intellect ; le Premier Moteur … Comment, donc, régler le problème du mouvement, du devenir, : le divin se concentrera hors de la nature, en opposition avec elle, l'impulsant, la mettant en mouvement, et la réglant du dehors. La science n'a, en ces temps
éloignés de plus de deux millénaires et demi de nous,
rien de commun avec notre science moderne : elle ne fait pas, ou très
peu, appel à l'expérimentation ni même à l'observation
exacte de la nature - bien que l'astronomie débutante fasse preuve
d'observation.. Elle est aussi chargée de se regarder penser : qu'est
ce que la pensée, quelles sont ses limites ? qu'est la perception
? peut on se fier aux sens ? quelle est la force du discours logique ?
etc…
A bientôt Géromine GLASGOW
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