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Le Journal d'Information de Sète et du Bassin de Thau sur le Net. N°14|

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- MOMENTO FINIS -

Suite du numéro 13

 

.......... Je fus enchaîné et les hommes du Sultan me traînèrent vers Damas, tandis-que lui continuait sa route vers l'intérieur des terres. Je rejoignis quelques jours plus tard un convoi de prisonniers Francs qui suivaient la même route que mes geôliers. Je fis connaissance avec mes nouveaux compagnons d'infortune et j'appris que la grande majorité d'entre eux avaient été capturé suite à de nombreuses escarmouches avec ce diable de Saladin. Nous avançâmes difficilement car certains d'entre nous, épuisés et malades à causes de leurs blessures non soignées, ralentissaient le convoi. Les Sarrazins ne voulaient pas s'encombrer de nos compagnons d'infortune et les achevaient brutalement. Mon habit était déchiré de part en part, je n'en pouvais plus et je ne désirais que…mourir. Dieu me donna la force de continuer plus en avant et ce fut un mois et demi après ma capture que nous arrivâmes à Damas. Jamais je n'avais vu citée aussi belle, et aujourd'hui je remercie la providence divine de m'avoir permis de la voir. Alors que nous rentrions dans les murs de la citée et que les habitants nous insultaient, nous jetaient diverses choses au visage, je ne pu m'empêcher d'admirer cette citée. Alors que le soleil se couchait, la ville semblait s'embraser. Sur le moment je pensais que tout ce qu'on nous avait dit sur le barbarisme de ces gens était faux. Il me sembla que nul ne pouvais être possédé par le diable et faire les atrocités que les prêtres nous contaient, en vivant dans cette ville.

Quelques instants plus tard nous fûmes entassé dans un profond et sordide cachot. Certains des prisonniers pleuraient et appelaient leurs mères. Je fus ému de voir ainsi les fiers guerriers francs, eux qui ne manquaient pas de prouver leur valeur au combat. Quelqu'un m'a dit un jour, nous sommes tous égaux devant la mort, je sus en voyant cette triste scène qu'il avait raison. Ceux qui ne montraient aucune émotion, avaient le regard vide de toute expression et je pensais alors qu'ils se considéraient comme mort. L'espoir de revoir le soleil était parti à jamais pour ces pauvres hères.

Le temps lorsque l'on est prisonnier passe lentement, de plus nous étions très peu nourris et nos barbes poussaient un peu plus chaque jour. A deux occasions dans la journée, les gardes choisissaient l'un des nôtres et l'emmenaient à l'étage qui se trouvait au-dessus de nous. Nous ne les revoyons jamais plus après, le seule chose que nous savions d'eux c'est qu'ils devait souffrir terriblement avant de mourir. Certes cette citée était magnifique mais ce qui se passait en dessous, avait un avant goût de l'enfer. Je me liais d'amitié avec un jeune homme du nom de Foulque de Morteterre, il ne devait pas avoir plus de vingt-trois ans, il me raconta qu'il était venu avec son seigneur pour terrasser l'infidèle mais surtout pour prendre le maximum de terres possible. Il m'avoua que sa foi en dieu était vacillante mais que dans ces geôles il lui semblait que Dieu l'appelait et lui donnait du courage. Je fus impressionné par son honnêteté et je le bénis car en ce moment nous attendions tous que le royaume de Dieu nous ouvre ses portes.

de Alexandre Denjean / A suivre dans le numéro 15

 

 
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